Visiter Santiago du Chili et Valparaiso… 4
…Et ce, en pĂ©riode de crise et de manifestations đ
Nous sommes arrivĂ©s au Chili le jeudi 17 octobre 2019 au soir, la veille du dĂ©but de grosses manifestations dans tout le pays. Nous avons connu quelques rĂ©percussions, en allant au dĂ©sert d’Atacama, et Ă cause des problĂšmes sur la route nous avons prĂ©fĂ©rĂ© prendre un avion de Calama jusqu’Ă Santiago plutĂŽt qu’un long bus afin de ne pas louper notre vol pour l’Ăźle de PĂąques. Mais c’est en retournant pour de bon Ă Santiago du Chili, aprĂšs notre sĂ©jour sur l’Ăźle de PĂąques, que nous nous sommes vraiment rendus compte de l’ampleur du phĂ©nomĂšne.
A Calama, « petite » ville de 180 000 habitants, nous avions dĂ©jĂ vu des manifs, nous avions remarquĂ© les drones voler le soir pour surveiller le centre-ville, nous avions senti l’odeur des bombes lacrymogĂšnes qui piquent encore les yeux et la gorge un lendemain d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, nous avions expĂ©rimentĂ© le couvre-feu (interdiction de sortir dans les rues aprĂšs 20h). Mais c’est Ă Santiago, capitale du pays, puis Ă Valparaiso, que nous avons vraiment vu l’importance de ces manifs.
Nous avons passĂ© quelques jours Ă Santiago dans une rĂ©sidence tranquille (en airbnb) avant de partir pour l’Ăźle de PĂąques ; c’est pendant ce laps de temps que le couvre-feu s’est levĂ©, et nous en avons profitĂ© pour sortir et commander des sushis Ă un resto Ă cĂŽtĂ© (libertéééé). Mais les supermarchĂ©s restaient fermĂ©s, on voulait faire des provisions avant de partir sur l’Ăźle de PĂąques qui est trĂšs chĂšre, mais ça a Ă©tĂ© compliquĂ©. Heureusement on a trouvĂ© quelques petites choses en Ă©picerie.
AprĂšs notre sĂ©jour sur l’Ăźle loin de toute cette agitation, Ă peine revenus Ă Santiago, on a senti la diffĂ©rence quand on a pris un uber jusqu’Ă notre logement et qu’on a vu tout ces graffitis sur les murs et les rues bloquĂ©es par des feux (souvent de pneus) sur la route.

Santiago du Chili dévastée
Visiter la capitale d’un pays alors que son peuple est en pleine rĂ©volution, c’est assez spĂ©cial.
Nous logions dans une auberge, dans un quartier tranquille, en-dehors du centre-ville pour ne pas se retrouver au milieu des manifestations. Nous avons vu quelques personnes manifester depuis notre fenĂȘtre mais rien de plus, la vie dans le quartier se dĂ©roulait plutĂŽt normalement.
Il Ă©tait par contre prĂ©fĂ©rable de sortir visiter Santiago en dĂ©but de journĂ©e, car c’Ă©tait en fin d’aprĂšs-midi que les manifestations commençaient et que ça pouvaient dĂ©raper. Nous rentrions donc Ă notre auberge pour 16h environ, par mesure de sĂ©curitĂ©.
Nos dĂ©placements furent Ă©galement impactĂ©s car certains mĂ©tros ne circulaient pas et certaines stations Ă©taient fermĂ©es. Nous avons demandĂ© conseils aux employĂ©s de l’auberge, qui, mieux au courant que nous, se tenaient informĂ©s via un compte Twitter qui recensait les mĂ©tros et stations toujours ouvertes. Par chance le mĂ©tro le plus proche de chez nous Ă©tait ouvert mais une station oĂč nous voulions nous arrĂȘter Ă©tait fermĂ©. On a compris pourquoi quand on est passĂ© devant : l’entrĂ©e Ă©tait totalement bouchĂ©e, dĂ©foncĂ©e.

Plaza des Armas
La station de mĂ©tro de la Plaza des Armas (place centrale, comme dans toutes les villes d’AmĂ©rique latine) Ă©tant fermĂ©e, nous prenons un mĂ©tro qui nous amĂšne au plus proche (Bella Artes) puis on fini Ă pieds. Ăa nous permet de dĂ©couvrir un peu plus le centre. C’est une trĂšs grande place, il y a beaucoup de monde. Quelques statues devant l’Ă©glise vandalisĂ©es mais ça va.



Mercado Central
Nous avions pris l’habitude d’aller au marchĂ© dans les villes que nous visitons et d’y manger car on y trouve de la gastronomie simple, locale, et gĂ©nĂ©ralement bonne, copieuse et pas chĂšre. Nous voulions donc tenter cela au Chili. Mais ici, ça n’a rien Ă voir ! Le marchĂ© n’est pas du tout un endroit oĂč les locaux viennent manger, c’est un enchainement de petits restos, sympas oui, mais pas du tout authentiques comme on en avait l’habitude. Le mercado central est un marchĂ© couvert, vers le centre on trouve les prix les plus chers, les restos situĂ©s vers l’extĂ©rieur sont meilleur marchĂ©, c’est lĂ , Ă la Caleta, oĂč nous avons mangĂ© un ceviche de poisson frais (pour environ 5⏠chacun), avec un mini-verre de Pisco Sour offert.
Cerro Santa Lucia
PrĂšs de la station de mĂ©tro Bella Artes, nous nous rendons au Cerro Santa Lucia, un jardin sur une petite colline. L’entrĂ©e est gratuite, mais il faut s’inscrire Ă l’entrĂ©e. C’est mignon et Ă©tonnamment calme, alors que c’est entourĂ© de la ville et de voitures qui passent plus bas.
On voit un groupe de personne qui débattent (politique, révolution ?).
La vue en haut est jolie, il y a des traces du passé défensif du lieu. Un endroit bien agréable pour savourer notre pique-nique.


Le quartier Bellavista et le Cerro de San Cristobal
Nous passons par la plaza Italia, le centre des manifestations (qu’on voyait Ă chaque fois Ă la tĂ©lĂ© aux infos pendant les manifs). Sur le chemin on croise Ă©normĂ©ment de statues dĂ©gradĂ©es, taguĂ©es, de messages politiques sous forme de graffitis.
ArrivĂ©s dans le quartier Bellavista, on remarque que c’est aussi un endroit qui a pris cher, les feux de circulation ne marchent plus, des objets jonchent les routes, et on arrive mĂȘme devant un feu de poubelle en pleine rue et en pleine journĂ©e.





On tombe par hasard sur un coin trĂšs sympa qui fait contraste avec le reste, oĂč il y a plein de bars et restaurants. Ăa fait bizarre de voir ce genre d’endroits fonctionner comme si de rien n’Ă©tait au milieu de ce chaos.
Nous marchons jusqu’au parc San Cristobal, oĂč nous prenons le funiculaire qui nous amĂšne en haut du Cerro San Cristobal, une haute colline d’oĂč on a une impressionnante vue sur la ville et les montagnes qui l’entourent. Il y a aussi une statue de la vierge Marie (toujours trĂšs important d’avoir une Marie ou un JĂ©sus qui veille sur la ville).





En repartant, nous devons marcher un peu pour arriver Ă une station de mĂ©tro ouverte, ça sent la bombe lacrymo, des commerces ont Ă©tĂ© vandalisĂ©s, sont vides…
La déception à Valparaiso
Depuis Santiago nous prenons un bus pour Valparaiso, une ville bohĂšme et tendance en bord de mer qu’on nous a beaucoup vantĂ©. Il y a des bus rĂ©guliĂšrement entre les deux villes, mais arrivĂ©s Ă la gare de Valparaiso, on se rend compte que la route devant est barrĂ©e et qu’il y a des manifs qui se prĂ©parent. On trouve quand mĂȘme un uber qui nous amĂšne Ă notre chambre airbnb, qui se trouve sur une des nombreuses collines de la ville. Nous rencontrons Paco et Ximena, un couple chilien qui nous accueille chaleureusement dans leur maison d’artiste, avec leur chien et leurs trois chats (pour notre plus grand bonheur !).

Balade sur les collines autour de Valpo
Suivant les conseils de Paco, nous prenons la rue Alemania, d’oĂč l’on a des points de vues sur le ville en amphithéùtre. On voit aussi beaucoup de street-art, l’une des caractĂ©ristiques de la ville. On se promĂšne dans le Cerro Alegre et le Cerro Concepcion, oĂč l’on voit encore beaucoup d’autres Ćuvres de rue, mais avec des petits restos et salons de thĂ© tendance. C’est agrĂ©able.






Pour voir de nombreux street-art, on se rend (difficilement) au musĂ©e Ă ciel ouvert, un regroupement dâĆuvres murales de divers artistes, inaugurĂ© en 1992.




Le centre-ville de Valparaiso
Promenade dans le centre, au bord de mer. C’est pas folichon, tout est trĂšs trĂšs sale, c’est moche, ça pue. On ne peut pas trop lever les yeux vers les tags sur les murs car on doit surveiller oĂč on pose les pieds pour Ă©viter les crottes de chien ! Nombreux commerces sont fermĂ©s Ă cause des grĂšves et manifs. On va vers le port, quelques personnes sont posĂ©es au bord, Ă lire un livre, observer les otaries en face, fumer un joint…
Petit aparté : la consommation de marijuana est illégale au Chili, pourtant ça sent le cannabis partout ! Les chiliens sont également des fumeurs de tabac, ce qui nous a fait bizarre, car dans les pays précédents, personne ne fume (à part à Mexico City et certains endroits en Colombie).


Comme Valparaiso est une ville entourĂ©e de collines, il y a beaucoup d’escaliers (parfaits pour le cardio !) et de funiculaires, appelĂ©s ascensor. Cependant il existe un vĂ©ritable ascenseur publique : Ascensor Polanco, qu’on utilise pour monter en haut d’une colline (c’est comme un transport en commun quoi). On y accĂšde via un tunnel sombre et on monte dans l’ascenseur Ă plusieurs, avec un « liftier » (le monsieur qui appuie sur le bouton pour monter et descendre). Cet ascenseur date de 1915.


CoincĂ©s Ă cause des manifs, c’est reparti !
Le jour de notre dĂ©part de Valparaiso, imprĂ©vu : la journĂ©e a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© jour de manif nationale ! Il n’y a aucun bus pour retourner Ă Santiago ! Ăvidemment on apprend ça le jour mĂȘme. Heureusement nous pouvons prolonger notre sĂ©jour d’une nuit chez Paco et Ximena, et nous profiterons de cette journĂ©e pour nous reposer, avancer sur le blog, discuter avec Paco de la situation au Chili et des gilets jaunes (oui oui) et profiter de ses bons conseils de choses Ă voir pour la suite de notre voyage ! Il connait bien son pays et nous a fait une liste de plein de choses Ă visiter, pas forcĂ©ment connues des touristes Ă©trangers. Hyper sympa, on suivra certaines de ses recommandations, mĂȘme si on ne pourra pas tout voir, surtout en se dĂ©plaçant en transport en commun (c’est plus simple avec son propre vĂ©hicule).
Pour rĂ©sumĂ©, ce fut un moment un peu spĂ©cial du voyage, se retrouver dans cette ferveur rĂ©volutionnaire. Santiago est une ville qui semble plutĂŽt intĂ©ressante, les montagnes environnantes ajoutent du charme et il y a quelques quartiers trĂšs agrĂ©ables. Par contre grosse dĂ©ception Ă Valparaiso. C’est le coup de cĆur de nombreux voyageurs mais nous n’avons pas aimĂ©, en dehors de la vue depuis les collines et du trĂšs beau street-art, nous avons Ă©tĂ© choquĂ© par la saletĂ©… Et pourtant aprĂšs plus de 6 mois en AmĂ©rique du Sud, on ne pensait plus ĂȘtre choquĂ© par ça ! D’ailleurs il semblerait qu’elle soit peu apprĂ©ciĂ©e des chiliens pour ces mĂȘmes raisons.
Infos pratiques, conseils (prix fin 2019)
- OĂč dormir Ă Santiago du Chili ? â Hostal Vitalia, trĂšs agrĂ©able, personnel jeune et sympa (des voyageurs), dans un quartier cool, beaucoup de français xD
- OĂč dormir Ă Valparaiso ? â Chez Paco et Ximena en Airbnb (ils louent deux chambres). Un coup de cĆur, on se sent super bien chez eux, belle vue depuis la chambre et on a beaucoup discutĂ© avec Paco qui parlait un peu anglais. On Ă©tait super contents de pouvoir cĂąliner le chien et les chats mais si vous n’ĂȘtes pas Ă l’aise avec ces petites bĂȘtes, cet endroit n’est pas pour vous.
- Prix du funiculaire San Cristobal Ă Santiago : 2500 CLP A/R la semaine ; 2900 CLP le week-end (entre 3 et 3,5âŹ)
- Prix de l’ascensor Polanco : 100 CLP (environ 0.20âŹ)
4 commentaires
C’est vrai que cette fois ci, la chance n’a pas Ă©tĂ© de votre cĂŽtĂ© xD, une ambiance particuliĂšre devait peser sur la ville. MalgrĂ© tout j’arrive Ă apprĂ©cier cette petite visite Ă vos cĂŽtĂ©s. J’imagine que la propretĂ© ne doit pas ĂȘtre toujours au rendez-vous dans ces grandes villes, mais heureusement les couleurs nous aident Ă apprĂ©cier la ville. Je n’avais pas entendu que c’Ă©tait aussi sale, peut ĂȘtre que la pĂ©riode de crise a engendrĂ© plus de dĂ©chets ou de saletĂ© ou vous pensez que c’est toujours comme ça ?
Pour la saletĂ©, je n’en avais pas entendu parler chez les voyageurs, mais dans notre guide lonely planet il Ă©tait prĂ©cisĂ© que les chiliens n’aimaient pas cette ville car elle Ă©tait sale, et j’ai retrouvĂ© cet argument ailleurs. Donc je ne sais pas ! Mais vraiment nous on l’a trouvĂ© dĂ©gueulasse, limite j’Ă©tais rĂ©pugnĂ©e. Les manifs ont pas du aider, peut-ĂȘtre qu’il y avait moins de service de nettoyage, je sais pas…
Dommage de visiter dans de tels circonstances mais on peut dire que ça fait une expérience ^^.
Oki pour votre ressenti Ă Santiago et Valparaiso, on ne peut pas tjs avoir les mĂȘme avis que les autres voyageurs.
Et non on n’est pas tous pareil ! On a prĂ©fĂ©rĂ© Santiago Ă Valparaiso, ce qui est souvent l’inverse pourtant on dirait…