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cormorans avec les montagnes

Visiter Ushuaïa pendant les fêtes de fin d’année

Nous continuons l’exploration de la région Patagonie en nous rendant tout au sud du continent sud-américain, au point le plus austral du monde… La mythique ville d’Ushuaïa ! Et pour rendre ce séjour vraiment inoubliable, nous avons décider de visiter Ushuaïa en décembre, pendant les fêtes de fin d’année !

Ushuaïa, une ville victime de sa popularité

Ushuaïa est une ville d’environ 60 000 âmes qui attire de nombreux touristes, curieux de découvrir cette ville du « bout du monde ». En vrai il existe un village côté Chili qui est encore plus au sud… Mais en terme de ville, c’est bien Ushuaïa la ville la plus méridionale.

Elle se trouve sur l’archipel de la Terre de Feu, un nom qui prête à rêver… La région est habitée depuis plus de 12 000 ans. Quand Magellan et d’autres européens débarquent par ici en 1520, ils aperçoivent de nombreux feux qui brûlent le long des côtes. Et pour cause, les amérindiens vivaient nus et avaient grand besoin du feu pour se réchauffer dans un endroit si froid ! D’où le nom de cette région, qui a traversé les siècles jusqu’à nous (contrairement aux peuples d’origine qui ont été presque tous décimés…).

Ushuaïa fait rêver avec son statut de « ville du bout du monde » mais elle bénéficie aussi d’une mauvaise réputation. De nombreux voyageurs en parlent en négatif et certains n’hésitent pas à dire que « ça ne sert à rien d’y aller ». On pourrait en effet croire qu’après avoir randonné jusqu’au Fitz Roy, visité le parc Torres del Paine ou admiré le glacier Perito Moreno, il n’y a plus rien à attendre d’Ushuaïa. Loin d’être blasés, nous avons vraiment apprécié notre long séjour ici (11 jours) !

Un long voyage jusqu’à Ushuaïa

Pour arriver à Ushuaïa, il faut le vouloir ! Nous étions déjà sur le continent sud-américain, donc forcément nous avions une petite facilité par rapport à quelqu’un venant d’Europe… Nous avons fait le voyage entre Puerto Natales et Ushuaïa avec deux bus (changement à Punta Arenas) et avons traversé le détroit de Magellan en ferry. En partant à 6h45 nous sommes arrivés à destination à 19h ! Après cette grosse journée de transport, on était content d’arriver à Ushuaïa. Fait surprenant pour le continent, la ville n’a pas de terminal de bus ! Nous avons été déposés sur un parking près d’une station essence, avec nombre de taxis qui nous attendaient (ça, par contre, c’est une constante partout !).
Pour quitter la ville par contre, je l’avoue, nous avons craqué et avons pris l’avion jusqu’à notre prochaine destination 😅

Pourquoi aller à Ushuaïa ?

Si on résume bien, cette ville est difficile d’accès et en plus les gens en font mauvaise presse ? Mais alors pourquoi y aller ?

Voyager jusqu’à Ushuaïa, c’est l’expérience de se retrouver dans une ville loin de tout. Alors bien sûr il y a des supermarchés (on a retrouvé Carrefour !), le centre-ville possède des boutiques pour touristes (souvenirs, accessoires de sports d’hiver…), plein de restos et même un Hard Rock Café et un Ice Bar ! Bien que la ville n’ait rien de spécial, on se sent vraiment dans un endroit à part, isolé. Tout semble si calme quand on s’éloigne du centre et qu’on observe cette ville entourée de montagnes face à la mer…

On va surtout à Ushuaïa pour en sortir et découvrir les alentours, sauvages ! Il y a de quoi faire, je vous l’assure !

Se retrouver à Ushuaïa, au bout du monde, c’est aussi faire une expérience possible seulement lorsque l’on s’approche des pôles… En décembre, c’est l’été, et les nuits sont courtes, voire inexistantes ! Visiter Ushuaïa pour les fêtes de fin d’année, c’est sortir à minuit ou 2h du matin et voir encore des lueurs dans le ciel… Pas de nuits noires à cette période (par contre en hiver, c’est l’inverse !).

Alors, que faire à Ushuaïa ?

Randonnée jusqu’au Glaciar Martial

Depuis notre logement airbnb situé en dehors du centre, nous partons pour une randonnée jusqu’au glacier Martial, au-dessus de la ville. Nous y allons à pieds, alternant entre forêt et passage sur la route. Il est possible de se rendre en voiture jusqu’au parking pour raccourcir la randonnée (et finalement au retour, nous y avons pris un taxi).

A partir du parking une montée bien costaude nous attend, on continu sur des petits chemins qui grimpent. Il y a pas mal de monde, des gens s’amusent dans la neige.

Arrivés en haut, le glacier nous paraît bien tristounet, il n’est vraiment pas grand… C’est quand même très joli et nous apprécions la vue sur Ushuaïa, totalement dégagée !

Pour le retour nous prenons un autre chemin, moins emprunté mais la pente est très très raide, c’est assez flippant… (et pas sûr qu’on avait le droit de passer par là finalement)

→ 3h30 aller / 1h retour (jusqu’au parking)

Randonnée à la Laguna Esmeralda

Probablement la randonnée la plus populaire du coin, qui permet d’accéder à une superbe lagune. La marche n’est pas difficile, ce qui attire des gens de tous les âges. Il est possible d’y aller en bus depuis Ushuaïa, mais à 4, nous avons pris un remis.
→ En Argentine il y a les taxis avec le compteur et les remis où le prix de la course est fixé avant. Ils sont généralement plus avantageux que les taxis pour les longs trajets.

Le chemin traverse des forêts et des marécages très boueux (c’est sans doute le moment le plus difficile, mais aussi le plus drôle !). Les castors, qui ont été importés dans la région, changent les paysages, c’est assez impressionnant. Malheureusement ici ce sont des nuisibles qui empiètent sur l’habitat naturel d’autres espèces.

Nous découvrons ensuite la lagune turquoise, super belle, malgré le ciel nuageux. Il y a du monde, on passe alors sur un « pont » fait de bouts de bois (une œuvre des castors ?!) pour aller du côté gauche du lac et manger notre pique-nique un peu plus tranquillement.

→ 10 km – 3h A/R (on est allé un peu plus vite que prévu)

Une journée dans le parc Tierra de Fuego

Après avoir récupéré une voiture de location à l’agence Tiger (pour environ 36€ la journée), nous partons à la découverte du parc national Tierra de Fuego, Terre de Feu. Créé en 1960, il se trouve à 12 km de Ushuaïa et bien que l’entrée soit payante, les routes ne sont pas goudronnées.

Nous passons d’abord à la Poste qui se trouve dans le parc, c’est la poste la plus australe du monde ! L’occasion d’envoyer une carte postale depuis cet endroit unique ^^ (mais les timbres sont horriblement chers !). Le coin est très mignon, il y a des randonnées qui partent d’ici.

Nous nous rendons plutôt au bout du parc, pour la randonnée Senda de la Balisa. Le parking du départ est rempli car c’est ici la fin de la Ruta 3, une route qui part de Buenos Aires et qui s’arrête ici (3074 km). De ce fait, tous les argentins veulent leur photos avec le panneau !
Peu de monde s’aventure sur le chemin de randonnée, qui ne dure pourtant qu’une petite heure, facile, avec forêt, rivière… Les paysages sont superbes, il y a plein de fleurs. Et oui, en décembre, ici c’est l’été 😉 Nous avons même la chance d’observer une otarie virevolter dans l’eau du canal !

Nous allons ensuite au Castorera, une mini-balade où l’on peut voir les ravages des castors sur l’environnement. Comme ils construisent de gros barrages, les terrains sont inondés et les bois meurent… Encore une belle idée de l’homme d’avoir amené des espèces non natives !

Nous enchaînons avec une petite balade à côté du Mirador Lapataia, qui nous offre une superbe vue sur le canal de Beagle.

Puis c’est la Laguna Negra que nous allons voir, facilement accessible. On y rencontrera une famille de français (on est partouuut).

En voiture on profite des beaux paysages et nous nous arrêtons pour la courte balade Paseo de la Isla, autour de la Laguna Verde. C’est joli, calme et il y a du soleil, alors on ne résiste pas à nous poser ici et à tremper nos pieds dans l’eau bien fraîche.

Nous nous rendons ensuite de l’autre côté du parc, vers la rivière Pipo. Une promenade (15 min aller) nous amène jusqu’à une cascade.

Ce parc n’offre pas vraiment de paysages à effet « wahouu », mais plutôt une variété de paysages où la nature est vraiment préservée. On se sent vraiment « into the wild » !

Découvrir le canal de Beagle sur un voilier

Ushuaïa se trouve face au canal de Beagle et en nous promenant sur le bord de mer, nous découvrons plusieurs agences qui proposent des balades en bateaux. Tres Marias nous attire particulièrement pour ses excursions en voilier. Nous partons en fin de matinée avec un petit groupe. La mer est calme, le voilier avance doucement, ce qui nous permet de profiter tranquillement de l’instant et de la vue sur Ushuaïa et ses environs, montagnes et forêts.

A peine éloignés de la côte, nous passons à côté d’une petite île où vivent plein d’otaries. Puis une autre où les cormorans ont élus domicile. C’est génial de pouvoir les observer, chez eux !
Nous avons également la chance incroyable (et pas du tout prévue bien sûr) de voir une baleine ! C’est si beau…

Nous débarquons ensuite sur l’île H. Elle est appelée ainsi car c’est ce sont 2 morceaux de terre reliés par un petit bras de sable, qui forment donc un « H ». L’île est totalement sauvage et seule l’agence Tres Marias a le droit d’y accoster. Le guide nous promène un peu sur l’ile, on observe la flore et la faune, on découvre un ancien campement d’habitants de la Terre de Feu…

De retour sur le bateau, nous avons le droit à un petit goûter, où l’on teste de la liqueur de dulce de leche, une petite douceur alcoolisée !

Se balader dans le centre et le long de la mer

Le centre-ville possède de nombreux magasins et boutiques de souvenirs. La ville n’a rien de spéciale en soi, peu de bâtiments remarquables. Nous avons visité le petit musée « Fin del Mundo » (400 ars) qui relate l’histoire de la Terre de Feu, les espèces que l’on y trouve, les conquêtes…

Le plus agréable est quand même de profiter des bords de mer. Respirer l’air marin et regarder les différents bateaux. C’est d’ici que les expéditions pour l’Antarctique partent. Quand nous y étions, un bateau Greenpeace était là, prêt à partir pour le continent glacé.

La ville, étant très touristique, offre de nombreux bars, cafés et restaurants. Comme la vie est assez chère et qu’on était sur un long voyage, on n’en a pas tellement profité (en plus on était bien dans notre airbnb ^^) mais nous avons quand même deux adresses à partager.

  • Pour les choco addicts, rendez-vous à Laguna Negra. Nous avions des chocolats chauds offerts (grâce à notre sortie en mer avec Tres Maria) et nous avons également craqué sur un gâteau mousse au chocolat absolument divin.
  • Pour les fans de cuisine japonaise, l’Asia Gourmet vous ravira. Entre makis, gyozas et poulet ou saumon teriyaki, nous nous y sommes régalés pour l’anniversaire de Manu. Le resto est hyper classe avec un rapport qualité prix très correct 😋. (Environ 70€ pour 4, boissons comprises – resto situé en dehors de la ville – réservation recommandée !)

Visiter Ushuaïa pendant les fêtes de fin d’année : noël et le nouvel an au bout du monde

Entre les fêtes de fin d’année et l’anniversaire de Manu, nous avons bien festoyé au bout du monde ! Nous avions loué une maison plutôt cosy en airbnb afin d’y passer de jolies soirées pour les fêtes.

Qu’est-ce qu’on mange durant les fêtes ?

Pour les réveillons de noël et du nouvel an, nous nous sommes renseignés sur les traditions argentines. Avant tout, les argentins raffolent de l’asado (grillades) ! On a compris que c’était loin d’être un cliché quand on a vu tous les barbecues du voisinage allumés pour les fêtes ! Nous avions nous aussi une petite terrasse avec un barbecue pour faire pareil. En plus de la viande grillée nous avons testé le provolone, un fromage qui se déguste cuit au barbecue.

En cherchant des recettes traditionnelles d’Argentine sur internet nous avons découvert une entrée originale : cœur de laitue, avocat, banane, thon et vinaigre balsamique. Frais et bon !

Nous avons également craqué sur un espèce de saucisson argentin, très ressemblant à celui de chez nous. Après 8 mois de voyage sans charcuterie, ça nous a fait bien plaisir 🙂

Pour le dessert, nous avons réalisé un tiramisu avec du dulce de leche. C’est LA douceur préférée des argentins. C’est comme du caramel mais avec une texture de pâte à tartiner.

Qu’est-ce qu’on boit en Argentine ?

Pour accompagner nos repas, nous avons choisi plusieurs boissons plus ou moins locales :

  • du vin argentin ainsi que du vin chilien. Les deux pays sont des experts ! Petit conseil, pour le vin argentin choisissez plutôt du Malbec. Si vous optez pour un chilien, tournez-vous vers le Cabernet Sauvignon ou le Carménère.
  • du Pisco Sour, cocktail péruvien / chilien. Du pisco, du jus de citron vert, du blanc d’œuf, un peu de sucre et des glaçons au shaker ! On adore !
  • de l’Ananas Fizz. Un cocktail argentin pour les fêtes à base de jus d’ananas et de cidre.

Quelle est l’ambiance de noël à Ushuaïa ?

Visiter Ushuaïa pendant les fêtes de fin d’année ne change pas grand chose. Il y a très peu de décorations. Pourtant les argentins sont beaucoup plus croyants et pratiquants que chez nous, mais noël n’est pas mis en avant. Comme chez nous par contre, les magasins sont remplis de monde, mais l’esprit est plus simple. Les familles, amis, se réunissent autour d’un asado, où ils mangent beaucoup de viande grillée. Ici, pas de chichi, c’est la convivialité qui prime !

Pour le nouvel an, à minuit, on a pu entendre les klaxons dans la ville et surtout les gros pouet pouet des paquebots au port ! Un vrai boucan, bien rigolo et festif !

Nous avons apprécié vivre ici, prendre le temps de découvrir les alentours, observer les habitants… Par contre la ville est très touristique (surtout en haute saison). Cela se ressent d’autant plus sur les randonnées ou dans le parc Tierra de Fuego, où l’on rencontre beaucoup de monde… Il y a des endroits moins populaires et plus tranquilles bien sûr, mais nous nous sommes concentrés sur les coins les plus accessibles et « incontournables ». Nous avons passé un super séjour et ne regrettons pas du tout d’être allé jusqu’à cette ville au bout du monde !

visiter l'île de pâques lever de soleil à tongariki

Visiter l’île de Pâques en 10 jours : guide, récit, expériences et conseils

L’île de Pâques… Un lieu populaire dans l’imaginaire collectif. On a tous en tête les mystérieuses statues qui peuplent cette île. Tellement connue qu’il nous parait impossible de se rendre dans cet endroit éloigné de tout. Avant d’entamer notre voyage de plusieurs mois en Amérique du Sud, nous étions bien décidés à visiter ce lieu au bout du monde, qui appartient au Chili. C’est ainsi que nous avons pris nos billets des mois à l’avance, avant même de nous retrouver sur le continent sud-américain, pour visiter la célèbre île de Pâques.

Sommaire

L’article étant assez long, le sommaire suivant vous permettra d’aller directement aux parties qui vous intéressent.

Comment voyager à l’île de Pâques, les démarches administratives (et notre expérience stressante !)

Démarches administratives pour s’envoler vers l’île de Pâques

L’île de Pâques ou Rapa Nui, de son vrai nom, fait partie de la région Valparaiso au Chili. On y arrive en avion depuis Santiago du Chili ou depuis Tahiti. En nous y prenant à l’avance, nous avons trouvé des billets aller retour depuis Santiago à 350 € chacun avec Latam, ce qui est un prix assez honnête, pour un vol de 5h.

Il faut savoir que le Chili a décidé depuis l’été 2019 de limiter l’accès à l’île, afin de la préserver. De plus en plus de touristes font le voyage jusqu’ici et beaucoup de chiliens décident de s’y installer. Pour limiter l’impact négatif de tout ce monde, on ne peut rester que 30 jours maximum.

Avant de s’envoler pour l’île, il y a plusieurs étapes « obligatoires » (vous allez comprendre pourquoi les guillemets) :

  • Remplir un formulaire unique d’entrée. Totalement obligatoire, on ne vous laissera pas embarquer sans que cela soit fait. Il se remplit en ligne à l’avance ou à l’arrivée à l’aéroport de départ, et il faut présenter le mail de confirmation à la PDI (Police d’investigation chilienne) ;
  • Avoir un billet retour (sans excéder 30 jours sur place) ;
  • Avoir un logement certifié Sernatur, la liste étant disponible sur le formulaire d’entrée ;
  • Si vous n’avez pas de logement certifié, comme par exemple un airbnb, il vous faut une lettre d’invitation d’un habitant de l’île. C’est un document officiel, la mairie fournit un numéro d’invitation.

Notre expérience chaotique, ou, quand on a bien crû qu’on arriverait jamais à partir pour l’île de Pâques

Et dans les faits ?
Je vais vous raconter notre expérience, qui pourra peut-être en rassurer quelques uns.

Trouver un logement et se rendre compte que rien n’est simple

Les logements sur l’île de Pâques sont à des prix très élevés, et nous avions réservé un camping pas cher (avec tente, matelas et sac de couchage inclus). Malheureusement, un mois après avoir fait la réservation, le gérant nous contacte pour nous informer qu’il y a eu un soucis avec les réservations et qu’il ne peut pas nous accueillir ! On était bien dégoûté car c’était le moins cher de l’île…

Après recherches nous avons finalement loué une chambre privée chez un habitant de l’île, via airbnb. Naïfs, nous n’étions pas au courant qu’il fallait un logement certifié ou une invitation. Nous l’apprenons quelques jours seulement avant le départ. Au même moment, notre hôte airbnb nous demande nos informations de passeport pour faire l’invitation, tout va bien. Sauf que la veille du départ, aucune nouvelle ! Nous devons remplir le formulaire mais nous n’avons pas de numéro d’invitation, ce qui rend la chose impossible. Gros gros stress. Le mec ne nous répond pas, malgré les mails et appels téléphoniques.

Le lendemain, jour du départ, nous arrivons à l’aéroport avec la boule au ventre, la peur de se faire refuser d’embarquer. Une hôtesse nous dit qu’on doit remplir le formulaire. Nous sommes piégés, que faire ?! Quand on informe l’hôtesse que nous ne trouvons pas notre logement dans la liste, sa réponse est simple : cocher n’importe lequel ! – Ah bon, ok ! Mais on on nous avait dit qu’il fallait une preuve (papier de confirmation de réservation) ? – Non non, pas de soucis.

On voit bien que ça doit arriver souvent ce genre de cas, d’ailleurs d’autres personnes galèrent autour de nous. On fait donc comme elle nous a dit. Effectivement, quand on a donné à la PDI notre numéro de confirmation, nous avons vu le policier prendre notre papelard et le poser tout en haut d’une énorme pile, sans nous demander un quelconque justificatif.

Bien sûr mieux vaut être en règle ! Mais si vous vous retrouvez dans une situation identique à la nôtre, pas de panique, la paperasse chilienne c’est comme en France : inutile ! xD

Des habitants qui ne connaissent pas le stress !

Pour finir avec notre airbnb et notre dose de stress, le mec était sensé venir nous chercher à l’aéroport. Évidemment une fois arrivés à destination, accueillis par de la musique polynésienne et une foule de gens tenant des pancartes avec des noms dessus, on a beau chercher, nos noms ne sont nulle part ! Re-stress ! On essaie de contacter notre hôte, mais il ne répond pas au téléphone. Tout le monde part, on se retrouve bientôt les derniers.

On se fait aborder par plusieurs chauffeurs de taxi, très gentils. Notre logement n’a pas vraiment d’adresse mais heureusement il y a le point GPS sur airbnb (et merci la carte sim chilienne pour la 4G). Notre taxi se débrouillera avec ça et finira par trouver la maison.

Il n’y a personne sur place, un monsieur qui bosse sur une maison juste à côté vient à notre rencontre et nous dit que « oui oui c’est bien la maison de Hinariru » (notre hôte). Il nous fait entrer (tout est ouvert), nous offre du thé et après quelques minutes nous dit qu’il nous laisse car il doit retourner travailler. Ok… On espère être au bon endroit, on inspecte la maison et on trouve une chambre mieux rangée que le reste de la maison, qui est identique aux photos sur l’annonce. Bon, ça doit être ça !

Après une demi-heure à s’occuper, à se demander ce qu’on fait, tout à coup quelqu’un sort d’une chambre qui était fermée : Hinariru ! Un peu étonné de nous trouver ici, mais pas tant choqué qu’on soit rentré et se soit installé, il nous dit qu’il s’y est prit trop tard pour l’invitation (sans rire !) et qu’il pensait qu’on ne venait plus… Mec, on a les billets depuis plus de six mois, on a payé un hébergement, bien sûr qu’on vient !! xD Bref Hinariru est un peu glandeur mais hyper sympa et il parle anglais avec un bon accent, ce qui fait que nos échanges sont facilités. On rencontre ensuite son oncle, avec qui il vit. Il est adorable, même si en temps que chilien, il parle espagnol avec un accent à couper au couteau qu’on a beaucoup de mal à comprendre xD

Tout est bien qui fini bien !

Malgré ce début de mésaventure, nous avons passé un excellent séjour chez eux. Ils nous ont accueillis comme si nous étions de la famille, on se sentait chez nous. On n’a pas du tout regretté de vivre chez l’habitant pour une petite immersion dans leur vie quotidienne. Nos hôtes vivaient de la pêche et Hinariru profitait des belles vagues autour de l’île pour surfer. Ils nous ont plusieurs fois offert à manger, dont un bon barbecue avec leur récolte de pêche et on a même eu droit de tester à un délicieux Pisco ! Et bien sûr plein d’autres anecdotes et bons souvenirs avec eux 🙂 Les habitants de l’île de Pâques sont des bons vivants, d’une grande gentillesse, et pas stressés de la vie, on se sent bien avec eux.

Quand visiter l’île de Pâques et combien de temps y rester ?

L’île possède un climat subtropical, plutôt doux toute l’année. On peut y aller à n’importe quelle période, mais si possible mieux vaut éviter de s’y rendre de juillet à septembre, car il y pleut plus que le reste de l’année. Nous y étions fin octobre / début novembre, et nous sommes tombés sur plusieurs jours de pluie. Bien regarder la météo pour organiser ses visites en fonction du temps ^^

Nous sommes restés 10 jours sur l’île, ce qui était un peu trop. En effet elle n’est pas très grande. Même en prenant le temps, nous n’avions plus grand chose à faire à la fin, surtout sans véhicule.

Je recommanderai d’y rester au minimum 5 jours (tant qu’à venir jusque là, autant en profiter) et pour prendre bien son temps, jusqu’à 7 jours.

Quel est le prix d’entrée sur l’île ?

Si l’on souhaite visiter les sites archéologiques de l’île, il faut payer un ticket au prix de 80 USD ou 54000 CLP (environ 72 €). Cela donne accès à tous les sites en illimités, à l’exception de deux lieux, qui ne sont accessibles qu’une fois (pour leur préservation). On achète ce ticket dès l’arrivée à l’aéroport de l’île, où on nous donne une carte de l’île avec les différents lieux à voir.

Vous pouvez bien sûr venir sur l’île sans payer ce ticket et vous pourrez voir des statues et vous balader. Cependant, vous louperez beaucoup de choses et tant qu’à venir jusqu’ici (je rappelle que cette île est située au milieu du Pacifique et est l’un des lieux les plus isolés de la planète !), autant en profiter à fond.

Comment se déplacer sur l’île de Pâques ?

Il y a plusieurs sites accessibles à pieds, sur de courtes distances ou en randonnée depuis l’unique ville de l’île, Hanga Roa.
Ensuite on peut prendre des excursions pour visiter les coins plus éloignés de l’île Pâques mais le mieux est de louer une voiture. Il y a plusieurs loueurs en ville, ils louent tous des « Jimny », une sorte de petite jeep (c’est le véhicule le moins cher). Vous pourrez partager les frais avec d’autres voyageurs si vous êtes en auberge, camping… Pour notre part nous avons loué un Jimny tous les deux, pour être libre de notre planning et pendant 3 jours afin de bien profiter (mais 2 jours sont suffisants).
Si vous êtes sportif, vous pouvez également louer un vélo pour aller jusqu’au nord de l’île.

Petit lexique de l’île de Pâques

L’île appartient au Chili. Ainsi, on parle espagnol, mais elle est de culture polynésienne, et ils ont donc leur propre langue. Voici quelques mots avec leur définition, dont certains que j’utiliserai par la suite.

  • Rapa Nui : c’est le nom de l’île, de ses habitants et de la langue parlée ici ;
  • Moai ou moaï 🗿 : nom donné aux statues de l’île, il est interdit de les toucher ;
  • Ahu : plateforme sacrée où sont posés les moaïs, il est interdit de marcher dessus ;
  • Motus : des îlots aux alentours de l’île ;
  • Iorana : pour se dire bonjour ou au revoir.

Les points d’intérêts à visiter sur l’île de Pâques

Cela a beau être une petite île, visiter l’île de Pâques promet de belles expériences. Elle recèle de nombreux trésors, principalement archéologiques

Hanga Roa, l’unique ville de Rapa Nui

C’est ici que se trouve la majorité des habitations de l’île. Il y a un centre-ville (nous logions vers l’extérieur de la ville) avec des magasins, un office du tourisme Sernatur (où il ne faut pas oublier de passer pour se faire tamponner son passeport pour repartir avec un joli souvenir gratuit), quantités de restaurants et bars, ainsi qu’un musée.

Il ne faut pas louper le petit port de pêche en ville. En étant attentifs, on peut y observer des tortues de mer qui viennent près du bord à la recherche de restes de poissons. Elles sont énormes !

Le musée d’Hanga Roa

Nous avons visité le petit musée sur l’île de Pâques dès le premier jour. Cela nous a donné pas mal d’informations sur l’île, son histoire, sa découverte, ses mystères… A ne pas louper, si possible au début du séjour, pour mieux comprendre ce qu’on va voir ensuite.

Tahai, le spot aux couchers de soleil

Tahai, c’est l’endroit avec des ahus et des moaïs le plus proche de la ville. C’est ici que se regroupent visiteurs et habitants chaque soir pour admirer un merveilleux spectacle : le soleil se couchant derrière ces mythiques statues. La première fois qu’on assiste à ça, ça ne laisse pas indifférent ! On y est allé plusieurs fois, avec une petite bière chilienne 😉

Rano Raraku, la « nurserie », l’un des endroits les plus impressionnants de l’île

C’est l’un des deux sites que l’on ne peut visiter qu’une seule fois sur l’île de Pâques. On y accède en voiture (ou vélo pour les plus motivés !). Il est surnommé la nurserie, car c’est ici que furent construits tous les moaïs de l’île. C’est une petite montagne située dans les terres. C’est un endroit absolument étonnant car on y découvre de nombreux moaïs. Certains sont totalement finis, d’autres à moitié terminés et d’autres encore à peine commencés. On aperçoit des formes un peu partout, c’est vraiment génial à voir. Clairement un endroit qu’on a adoré !

Certains non terminés sont vraiment immenses ! Les moaïs étaient taillés dans la pierre de la montagne puis transportés un peu partout sur l’île. Aujourd’hui encore ces statues sont très mystérieuses, on pense qu’elles représentent les anciens et étaient vénérées.

Il y a un cratère avec une sorte de marais à côté. Là encore il y a quantités de moaïs, qu’on ne peut pas approcher par contre.

De plus, on profite d’une superbe vue sur un bout de l’île, dont le magnifique site de Tongariki.

Tongariki, le merveilleux spot au lever de soleil

Après Rano Raraku, encore un endroit coup de cœur ! Quinze immenses moaïs se tiennent sur un grand ahu, tournant le dos à l’océan. Nous sommes passés plusieurs fois dans ce lieu pour admirer ces géants, dont deux fois au lever de soleil (et une fois sous la pluie !). Le paysage est splendide et les moaïs sont vraiment impressionnants, on se sent tout petit…

La belle plage d’Anakena et la crique Orahe

Rapa Nui a beau être une île du triangle polynésien, il ne faut pas s’attendre à se retrouver sur une île tropicale. En effet l’île possède peu de plages ! Ici c’est plutôt ambiance falaises déchirées par l’océan et les paysages nous ont rappelé l’Écosse (surtout quand il pleut !). Vous ne vous attendiez pas à ça non ? ^^ Cependant l’île possède une plage, superbe, et unique… Eau cristalline, sable blanc, cocotiers et bien sûr ahus et moaïs ! La vision est vraiment paradisiaque. On suppose que c’est ici que seraient arrivés les premiers hommes qui ont ensuite colonisé l’île. Sur les bords de la plage se trouvent des vestiges archéologiques d’anciennes habitations.

A proximité de Anakena se trouve une autre très belle plage, plus petite et moins fréquentée mais où il est déconseillé de se baigner : Orahe.

Te Pito Kura, le nombril du monde

Après Cusco, le nombril du monde des Incas, nous trouvons un autre « nombril » : une pierre parfaitement ronde et polie, qui est en plus magnétique ! Auparavant on pouvait la toucher, mais elle est maintenant protégée car des gens grimpaient carrément dessus (malin n’est-ce pas).

On voit aussi des moaïs par terre. Il faut savoir qu’à un moment, le peuple rapa nui a abandonné le culte de ses ancêtres, les moaïs. S’est ensuite suivi un conflit où les moaïs se sont fait renverser un peu partout sur l’île.

Puna Pau, la fabrique de « chapeau »

Si les moaïs étaient fabriqués à Rano Raraku, les « chapeaux » sur leurs têtes étaient taillés ailleurs, à Puna Pau, dans de la pierre rouge. D’ailleurs on a appris que ce n’était pas des chapeaux. Cela représentaient leur cheveux, coiffés avec un chignon sur le haut du crâne.

Les explorateurs de Ahu Akivi

Un peu dans les terres se trouvent sept moaïs un peu différents des autres car ceux-là sont les seuls à avoir été retrouvé face à l’océan (même s’ils ne sont pas hyper proches de celui-ci). Ils représenteraient les sept premiers explorateurs de l’île.

La grotte d’Ana Te Pahu

Une petite marche de 10/15 minutes au milieu des vaches et moutons nous amènent jusqu’à la plus grande grotte de l’île, qui était habitée à une époque ultérieure.

Les fenêtres de Ana Kakenga

Accessible à pieds depuis la ville, on accède à la grotte Ana Kakenga par une entrée étroite et totalement obscure (mieux vaut avoir une lampe torche, moi je me suis cognée xD). Une fois à l’intérieur de cette grotte en bord de falaise, on peut observer la vue grâce à deux fenêtres naturelles. Un endroit sympa et étonnant !

Vinapu

Outre des moaïs abimés dont l’un serait l’unique moaï femme de l’île, on vient sur ce site archéologique en bord de mer pour y admirer des constructions qui rappellent étrangement celles que l’on a pu observer au Pérou, dans la région de Cusco. Il y a une théorie comme quoi les Rapanui auraient navigué jusqu’au Pérou, auraient rencontré les Incas et ces derniers aurait partagé leur savoir-faire. Ou alors ce sont les Incas qui sont venus jusqu’à cette île ? En tout cas, ce genre de construction avec des gros blocs de pierre taillés géométriquement est typique des Incas… Ce qui ajoute un mystère de plus à l’île de Pâques !

Le village cérémonial d’Orongo

Orongo est le second site accessible une seule fois. On peut y accéder en randonnée depuis la ville. Ce n’est pas compliqué même s’il faut un minimum de condition physique car ça grimpe un petit peu (venant de Bolivie où tout est en altitude, on n’a pas eu de soucis xD).

On marche le long de la côte, puis au milieu d’une petite forêt (oui oui il y a quand même quelques arbres sur l’île), jusqu’à ce qu’on arrive devant le cratère d’un ancien volcan, le Rano Kau. C’est l’un des trois volcans qui a donné naissance à l’île ; en effet Rapa Nui est une île volcanique. Les volcans sont désormais éteints. Dans ce cratère on peut observer une sorte de lac. C’est un réservoir d’eau de pluie, avec beaucoup de végétations marines, roseaux, etc. Ce qui en fait un habitat idéal pour les oiseaux. On observe tout ça du haut du cratère et on ne peut pas accéder au lac de près.

Juste à côté du cratère se trouve l’ancien village, Orongo, très important dans la culture Rapa Nui. Après avoir lu quelques informations dans le petit musée à l’entrée, on déambule au milieu des maisons circulaires en pierre. Nous avons une super vue sur l’océan d’un côté et sur le volcan de l’autre.

Ce village était spécial, habité seulement pendant les cérémonies, une fois par an. On connait tous les moaïs de l’île, mais il faut savoir qu’après le culte des moaïs, il y eut le culte de Tangata Manu ou homme-oiseau. Tous les ans, des hommes s’affrontaient en partant du village, descendant les falaises et nageant jusqu’au motu en face. Le premier revenant avec l’œuf d’un oiseau (des sternes Mahoke ou Manutara) devenait le chef pour l’année.

Ana Kai Tangata

Sur le chemin jusqu’à Orongo, nous passons devant une grotte en bord de mer où l’on peut admirer des peintures rupestres de l’homme-oiseau. Les abords sont également très beaux, les chevaux face à la falaise…

Différents points d’intérêts sur la côte

Il y a plusieurs endroits moins impressionnants que ceux précédemment cités mais toujours intéressants. Des moaïs renversés, des pétroglyphes, une sorte de rocher trompette (il faut souffler dans les trous pour faire un gros bruit), des grottes…

Les paysages avec les falaises sont également superbes et on aura même la chance de voir des baleines ! On passera un bon moment à les observer… C’est tellement fou de se dire qu’on est sur un caillou au milieu du Pacifique et que ces immenses et merveilleuses créatures passent à côté de nous…

En sillonnant l’île on rencontre aussi beaucoup de chevaux, avec des poulains craintifs et parfois curieux.

Vous l’aurez compris, il y a beaucoup d’endroits à visiter sur l’île de Pâques. Plein de balades possibles, de découvertes archéologiques à faire et on en a bien profité.

L’île de Pâques est-elle une destination chère ?

Comme toute île et encore plus quand celle-ci se trouve éloignée de tout, la vie est chère. Déjà que le Chili est le pays le plus cher d’Amérique du Sud, ici c’est encore pire.

Pour économiser, mieux vaut prendre un logement avec une cuisine (comme le camping qui propose une cuisine partagée ou un airbnb). Impossible d’aller au restaurant tous les jours (surtout en restant 10 jours comme nous). Comme les produits en supermarchés sont aussi plus chers, on peut ramener de la nourriture depuis le Chili : pâtes, riz, fruits, légumes, alcool… Attention en venant de Tahiti, il est interdit de ramener des fruits et légumes frais, le Chili est très strict là-dessus.

Nous sommes à un total de 34,5 € par personne, tout compris (sauf les vols A/R), on s’en sort bien 😉

Où manger sur l’île de Pâques : nos bonnes adresses

Nous nous sommes fait à manger à notre logement la majorité du temps, mais l’ambiance île et vacances nous a quand même donné envie de sortir pour manger et/ou boire un coup. Nous avons découvert des endroits très sympathiques !

  • Mikafé : glacier face au port (à déguster en cherchant les tortues !). Les parfums sont délicieux, le sorbet maracuya (fruit de la passion) était parfait.
  • Oheho Surf : resto/bar face à l’océan, à côté de l’office du tourisme. Les Pisco Sour sont parfaits et on a testé le hamburger au roquefort : une tuerie. Pour une fois qu’on sent bien le roquefort, ça nous a rappelé la mère patrie x)
  • Tumu : resto/bar qui fait des happy hours l’après-midi sur les pintes de bières. On peut aussi y manger, dont le « tumu » un plat de frites avec poulet, crème, champignons qui suffit largement pour deux personnes.
  • Te Moana : le petit craquage du séjour, pour notre dernier soir ! Un peu cher mais l’endroit est très chic. On a mangé sur la terrasse, dans l’herbe face à l’océan et au soleil couchant… Les Pisco Sour sont très bons et surtout on a adoré le ceviche de thon (le poisson le plus consommé de l’île) avec du lait de coco et du gingembre. Un régal, mes papilles s’en souviennent encore.

Vous l’avez compris, nous avons apprécié notre séjour. C’était agréable de visiter l’île de Pâques tout en profitant de l’ambiance à la cool et en sympathisant avec les habitants. C’est un endroit à part, unique, on se sent bien au bout du monde ici. Un de nos coups de cœur de voyage, on n’oubliera jamais ces jours passés sur cette île au milieu du Pacifique…

Excursion de 4 jours dans le sud Lipez et le salar d’Uyuni

Le salar d’Uyuni est, de loin, l’endroit le plus connu de Bolivie et de ce fait le plus touristique. Il fait également partie des incontournables lors d’un voyage de plusieurs mois en Amérique du Sud et beaucoup de gens associent un voyage au Pérou avec la découverte de ce lieu bolivien.
On peut visiter cet endroit seul, mais généralement c’est en excursion et souvent couplé avec d’autres lieux de la région Sud Lipez, qui vaut tout autant le détour.

On peut faire cette excursion depuis la ville d’Uyuni, proche de ce salar, le plus grand du monde, ou comme nous, depuis Tupiza. L’avantage de Tupiza c’est qu’il y a moins de monde qui part de là, donc moins de voitures qui partent chaque jour, et il y a une journée de plus pour découvrir la région entre Tupiza et le Sud Lipez.
Cela permet également de visiter Tupiza et surtout ses alentours, aux airs de western.

A la fin de l’article vous trouverez toutes les infos sur les prix, et le nom de l’agence que nous avons prise, que nous recommandons.

Cet article est long, en effet, il comprend quatre jours bien chargés dans cette région ! Les journées étaient longues mais magiques, on a pris des centaines de photos et gardé des milliers de souvenirs. J’espère réussir à vous transporter un petit peu dans ce lieu exceptionnel.

Jour 1 : Départ de Tupiza, paysages désertiques et ruines

Après un petit déjeuner gargantuesque gentiment offert par l’agence, nous partons avec un 4×4 bien chargé vers 8h avec Wilbur notre chauffeur, Santusa notre cuisinière, Marie voyageuse belge, et Alexandra voyageuse allemande. Nous ne nous connaissons pas encore mais nous passerons les quatre prochains jours ensemble. Le courant passe rapidement avec nos acolytes voyageuses, on échange en français, anglais et espagnol ensemble, un joyeux mélange !

Premier arrêt quelques kilomètres après avoir quitté Tupiza pour une jolie vue, puis à un endroit où l’on rencontre plein de lamas.

Nous nous arrêtons à Cerillos pour le déjeuner. Nous sommes accueillis dans un petit « resto » (il y a plusieurs tables et une cuisine) mais c’est le repas de Santusa que nous dégustons. D’autres 4×4 s’arrêtent manger ici, sur le même principe.

Nous allons ensuite au parc Ciudad de Encanto, le paysage est magnifique ! Il y a très peu de monde, on est vraiment tranquille.

Nous visitons les ruines de San Antonio del Nuevo Mundo, vendu comme un mini Machu Picchu, juste car ce sont des ruines dans la montagne (sauf qu’elles sont espagnoles et non pas incas), mais bon quand on a déjà vu le Machu Picchu, on a du mal à faire la comparaison ! C’est un ancien village construit pour les mines d’argent à côté, abandonné maintenant. C’est quand même sympa de s’y balader, et on croise quelques viscaches dans les ruines.

Les vues sur la route sont superbes et on ne décolle pas les yeux de la fenêtre, ce qui restera une constante durant ces quatre jours.

On s’amuse à observer Wilbur et Santusa piocher dans leur sachet de feuille de coca toutes les dix secondes ! L’énorme paquet tiendra-t-il pendant toute l’excursion ?! (étonnamment oui ! A moins qu’ils aient refait le plein sans qu’on s’en aperçoive 🤣)

On passe près de la Laguna Morijon, où nous nous arrêtons. C’est super beau mais nous sommes en altitude et il y a beaucoup de vent, donc on ne s’attarde pas trop.

Le soir nous dormons dans une petite maison du village Quetena Chico. Nous buvons du maté de coca en attendant le repas préparé par Santusa : une bonne soupe, de la purée maison (tellement contents d’en manger après des mois !) accompagnés de viande hachée.

Nous partageons la chambre avec Marie et Alexandra, la nuit est très fraîche, on n’est pas mécontents d’avoir demandé un duvet en plus à l’agence pour ce genre de nuit (oui car ici, malgré le froid, pas de chauffage !).

Jour 2 : Lagunes de toutes les couleurs, eaux chaudes et flamants roses

Nous nous levons de bonne heure, une grosse (et magnifique) journée nous attend. Petit déjeuner à 6h30 constitués d’œufs, de fruits et de tartines. Nous partons à 7h20 et nous faisons un petit arrêt à une ferme de lamas sur la route, où nous pouvons observer des dizaines de spécimens d’assez près ! C’est ici que les gens achètent et échangent leurs lamas. Wilbur nous apprend que les petits pompons sur leurs oreilles sont de couleurs différentes pour que leurs propriétaires puissent les reconnaître.

Nous marchons ensuite au bord de la laguna Hedionda, où on peut voir des flamants roses, certains nous offrent un beau spectacle en s’envolant.

A côté, nous allons voir la laguna Kollpa, où on voit bien le sel.

On passe par le salar de Chalviri avant de faire un arrêt aux sources d’eaux thermales Sol de mañana. Nous sommes ici à plus de 4000m, et l’air est bien frais ! C’est difficile de troquer ses vêtements chauds contre le maillot de bain, et on ne tarde pas à se jeter dans les sources, qui elles sont bien chaudes ! Nous nous baignons une petite demi-heure, dans la chaleur de ces eaux volcaniques, totalement naturelles et très bonnes pour la peau. Quel bonheur de savourer cette chaleur dans ces paysages incroyables, avec vue sur une lagune et des flamants au loin ! Difficile d’en sortir, malgré les recommandations de Wilbur de ne pas trop traîner, autant pour ne pas retarder le planning de la journée que parce que nous sommes en altitude et qu’il ne veut pas que l’un d’entre nous ressentent les effets du soroche (mal des montagnes) en restant trop longtemps si haut.

On s’arrête ensuite dans le désert de Dali, où les montagnes ont des couleurs incroyables ! On croirait une peinture, d’où le nom. On s’amuse à faire des photos avec les filles et Wilbur.

On s’approche de la frontière chilienne pour admirer la laguna verde, tout en passant près de la laguna blanca. Ces paysages sont tellement beaux ! L’immensité à perte de vue, ces couleurs improbables, rien à part de la terre et quelques 4×4 qu’on voit au loin, que l’on croise, sur ce lieu sans routes. Un sentiment d’aventure, d’être au bout du monde dans un lieu si reculé. La laguna verde a une couleur turquoise irréelle, par contre on ne peut pas l’approcher car son eau est toxique.

C’est ensuite l’heure de l’almuerzo (déjeuner), et malgré la petite collation de la matinée, nous avons bien faim car il se fait tard. Nous avons le droit à des pâtes, plein de légumes (jusqu’à ce jour on croyait presque que c’était des aliments inconnus des Boliviens 😆), de la viande et une bouteille de Coca (typiquement bolivien par contre !).

On part ensuite voir les geysers de Chaiviri. Il y a un peu de monde sur le site, mais la majorité part quand on arrive. Du coup on se retrouve assez tranquille pour observer ce curieux phénomène, dont un qui fait une énorme fumée !

Direction ensuite la laguna Colorada, située à 4560m. Ici il y a beaucoup de monde par rapport aux autres lieux, plein de 4×4 sur le parking. Mais on comprend vite pourquoi : cette lagune est immense et juste sublime. Une couleur rose incroyable avec des nuances de blancs, entourée de montagnes et habitée par une colonie de 15 000 flamants !

On marche jusqu’au mirador, où il y a un vent de fou, puis on descend et on marche près de la lagune où l’on peut admirer les flamants de près. Incroyable d’admirer un tel paysage à une altitude pareille !

Après la découverte de ce lieu enchanteur nous partons pour 2h30 de route jusqu’à notre refuge pour la nuit à Villa Mar, avec un petit arrêt sur la route à la laguna Capina pendant que le soleil se couche.

Le soir c’est soupe, pain, et salchipapas, un plat typique d’Amérique du Sud, à base de frites, de saucisses, oignons, sauces… Tout ça accompagné d’une bonne bouteille de vin rouge ! Alexandra n’est pas en forme alors elle n’en profitera pas, mais avec Marie, nous sommes aux anges, et nous en ferons même profiter un groupe de françaises qui dorment ici également.

On va se coucher, toujours dans la même chambre tous les 4, des étoiles plein les yeux après cette riche journée.

Jour 3 : Des rochers, un canyon et un apéro mémorable au coucher de soleil

Pour le petit déjeuner nous avons droit à de délicieux pancakes ! Pas très bolivien mais qu’est-ce qu’on se régale, ils sont bien moelleux et pour encore plus de gourmandise on les accompagne de dulce de leche (confiture de lait), le petit pêché mignon sucré de l’Amérique du Sud.

La journée est plus « light » aujourd’hui, nous partons tranquillement à 8h20 pour aller voir des formations rocheuses, qui ont des formes qui rappellent la coupe du monde, un chameau… Ou autre selon l’imagination !

Wilbur nous dépose à des rochers qu’on peut escalader mais c’est haut et compliqué ! Ils sont vraiment fous ces boliviens 😆 ! Manu et Alex s’aventurent jusqu’en haut mais Marie et moi renonçons après avoir grimpé un peu en galérant.

En marchant au milieu de ces roches, on découvre un trou qui nous fait penser à la forme de l’Amérique du Sud, l’occasion de faire une photo de groupe.

On passe ensuite à la Laguna Vinto où on ne s’attardera pas car on se fait attaquer par les moustiques !

Nous faisons un peu de route jusqu’à arriver à la Laguna Negra, accessible après une marche d’une dizaine de minutes. C’est très pittoresque, il y a des lamas et des ânes. On retrouve le groupe de françaises de la veille avec qui on sympathise, on se suit plus ou moins durant notre parcours.

Petit passage pour voir le canyon de l’anaconda qui est très impressionnant, encore une fois il ne faut pas avoir le vertige. C’est très beau, on voit la rivière qui serpente au fond du ravin, d’où le nom.

On mange à côté, dans le village de Alota avant de prendre la route jusqu’à un autre petit village, Juliaca, où nous faisons un arrêt avec l’achat de marchandises locales. On teste la bière au quinoa (il y en a aussi au cactus), c’est plutôt bon. Nous sommes plusieurs touristes en excursion à nous arrêter là et nous avons affaire à une vigogne un peu folle. Probablement habituée aux humains, elle quémande à manger et essaie de rentrer dans le magasin.

Après cette petite pause, on roule encore un peu jusqu’à notre hôtel de sel. Ce soir nous avons une chambre double, et nous dormirons sur des lits en sel, entourés de mur de sel et le sol est en sel aussi ! Curieux ! Les tables et les bancs dans la salle à manger sont également en sel, tout comme certaines décos.

On boit une petite tisane puis nous partons pour le Salar d’Uyuni, juste à côté, pour y voir le soleil se coucher… Tout est parfait : nous sommes tranquilles (on peut voir d’autres 4×4 mais ils sont loin) et nous avons droit à un apéro avec du vin rouge bolivien (de Tarija, plutôt bon), des chips, du fromages et des olives ! Bon par contre j’ai fait la boulette, je suis dégoutée, j’ai oublié mon appareil photo… Heureusement Manu a sa caméra pour immortaliser le coucher de soleil et on peut compter sur Marie et Alex pour faire des photos et nous les partager ensuite 🙂

Nous profitons pleinement de ce coucher de soleil sur le plus grand désert du monde… Difficile de partir. On voit les autres 4×4 s’en aller, mais Wilbur ne nous presse pas, alors on reste pour voir les couleurs du soleil couchant. On voit Vénus et Jupiter apparaître (merci Marie pour les infos !). Le vent souffle fort, il fait bien froid. On rentre avec la nuit.

Timelapse du coucher de soleil

Pour notre dernier soir Santusa nous a préparé de la soupe de champignons et des lasagnes. On se régale et on profite de cette dernière soirée ensemble, déjà nostalgiques d’arriver presque à la fin de cette aventure.

Jour 4 : Exploration du plus grand désert de sel du monde, le Salar d’Uyuni

Réveil très tôt pour partir à 4h30 afin d’arriver à temps pour voir le soleil se lever depuis l’Incahuasi (la maison de l’inca), un célèbre spot sur le salar d’Uyuni, une colline de cactus. Après 30 minutes de route sur le salar, où l’on aperçoit les premières faibles lueurs du jour pointer, nous sommes obligés de nous arrêter… Un pneu a crevé ! Heureusement notre équipe bolivienne de choc, Wilbur et Santusa, sont hyper efficaces et changent la roue en 15 minutes chrono. J’avoue que c’était quand même quelque chose de voir Santusa, avec son look de cholita en train de s’affairer telle une mécano ! Ces femmes boliviennes sont vraiment courageuses et travailleuses, elles m’impressionnent.

Les couleurs dans le ciel sont superbes, le spectacle est déjà merveilleux.

On arrive à l’île, l’Incahuasi, on doit ensuite marcher jusqu’au point de vue et ça grimpe. A cette heure matinale et avec l’altitude (3800m), ça pique ! Après 10 minutes, on arrive au point de vue pour le lever du soleil, il y a un peu de monde, mais ça va. On revoit les mêmes personnes qu’on a croisé plusieurs fois pendant ces derniers jours, dont toujours le groupe de françaises (avec qui on fera une petite photo pour immortaliser ça !).

Les couleurs sont belles, tout est paisible, avec le salar à perte de vue et les montagnes au loin. Il fait très froid mais on a prévu le coup et on a accumulé les couches de vêtements.

https://youtu.be/fALnjNOTwOE
Timelapse du lever de soleil

Quand on redescend retrouver Wilbur et Santusa, nous avons droit à un délicieux petit déjeuner, au pied de l’île, sur des tables de pique nique… En sel bien sûr ! Thé, céréales, yaourt et surtout un bon gâteau, qui fait du bien, après des mois sans avoir mangé un gâteau tout simple mais fait maison !

On s’enfonce ensuite encore plus dans le salar, c’est tellement fou de rouler ici, sur tout ce sel, à 3000m d’altitude, au milieu de rien. Au bout d’une petite heure, on s’arrête pour faire des photos « perspectives », le passage obligatoire ici. Toutes les agences s’adonnent à ce petit jeu et j’avoue qu’on a bien rigolé et que Wilbur nous a permis de faire de super photos et vidéos.

On va ensuite voir le coin où il y a des drapeaux du monde entier, apportés par des voyageurs. On en voit deux français, il y a même un drapeau breton, mais pas de drapeau de la Belgique, au grand dam de Marie.

A côté se trouve le premier hôtel de sel (fermé à présent, on y trouve maintenant des souvenirs), ainsi qu’un monument de sel pour le Paris- Dakar quand il est passé par le salar.

Nous déjeunons ensuite, et pour ce dernier repas, Santusa se joint également à nous.

Nous partons direction la ville d’Uyuni et pour la fin de ces quatre jours, nous allons au cimetière de trains, situé à côté de la ville. Rien d’exceptionnel après tout ce qu’on a vu ces derniers jours, mais c’est photogénique avec le désert autour.

Puis direction le terminal de bus où nous dépose Wilbur : c’est le moment des adieux. C’est un peu émouvant de se dire qu’on ne se reverra sans doute jamais après tous ces moments passés ensemble.

Nous avons adoré ces quatre jours dans le Sud Lipez, avec des paysages plus beaux que ce que l’on peut imaginer ou ce qu’on peut voir sur les photos, avec en apothéose, la découverte du Salar d’Uyuni, dont on rêvait depuis plusieurs années ! Cette excursion a été exceptionnelle également grâce à nos compagnes de voyages, avec qui on s’est super bien entendu (on avait tellement peur de tomber avec des gens avec qui on ne serait pas en osmose), tellement qu’on espère se revoir un jour ! Wilbur notre chauffeur était timide mais adorable (caractéristiques des boliviens !), il a tout fait pour que tout se passe bien, et Santusa notre cuisinière s’est bien occupée de nous, avec ses bons petits plats et les divers snacks qu’elle nous donnait sur la route. C’était un peu notre petite maman bolivienne !

Bien qu’on ne soit pas très excursion, on a été ravis de celle-ci. Nous permettant de découvrir des paysages incroyables et tout ça en se faisant chouchouter, et en partageant des moments avec des amies. Évidemment le groupe avec qui on tombe peut pas mal changer le ressenti, et sur ce coup nous avons été très chanceux.

Infos pratiques (prix octobre 2019) :

Excursion de 4 jours avec Voy Tours en partant de Tupiza : 1300 Bs (≃ 170 €) chacun. Possibilité de rentrer à Tupiza ou de rester à Uyuni (de là, nous avons pris un bus pour Calama au Chili)
Cela comprend : logement, repas, snacks, boissons (eau, soda, vin), trajet.
Le chauffeur et la cuisinière ne parle que espagnol, donc mieux avoir quelques bases. Si vous avez apprécié vos accompagnateurs, n’hésitez pas à leur laisser un pourboire, le niveau de vie en Bolivie est très bas comparé à chez nous.

Ce qui n’est pas compris dans le prix :

  • Ciudad de Encanto : 10 Bs (≃ 1,30 €)
  • Ruines de San Antonio del Nuevo Mundo : 15 Bs (≃ 2 €)
  • Parc Sud Lipez : 150 Bs (≃ 20 €)
  • Baignade dans les eaux thermales volcaniques : 6 Bs (≃ 0,80 €)
  • Île des cactus : 30 Bs (≃ 4 €)
  • Douches chaudes pour la 2ème et 3ème nuit : 10 Bs (≃ 1,30 €, première nuit pas de douche du tout)
  • Wc à certains endroits : entre 2 et 3 Bs (5 Bs à la laguna colorada, c’est à dire entre 0,30 et 0,70 €)

Cette excursion a un sacré coût, surtout dans un pays comme la Bolivie où la vie n’est pas chère, mais elle en vaut largement l’investissement ! Un incontournable, et pas juste pour le Salar, mais pour tous les paysages incroyables que nous avons pu découvrir. Ça reste l’une des plus belles régions que l’on ait vu, c’est inoubliable.

La Paz et ses environs : le canyon de Palca et les ruines de Tiwanaku

La Paz : la capitale la plus haute du monde

La Paz, capitale administrative de la Bolivie (la capitale constitutionnelle est Sucre), est une ville tentaculaire de 1,6 million d’habitants, perchée à 3 640 m d’altitude. On y déambule non sans difficulté car la ville grouille de monde. On dirait que la population entière se trouve dans les rues tant le centre est fréquenté. Nous logions près de l’église San Francisco devant laquelle se trouve une grande place. Ici il y a tout le temps du monde, et en particulier le soir en week-end, on se croirait en plein festival ! On peut y manger sur le pouce, des empanadas ou spécialités du pays comme les boulettes de pomme de terre fourrées à la viande (ou autre).

A la recherche d’un endroit où manger c’est là qu’on se rend compte que les boliviens ont un petit souci… Ils adorent le poulet frit, à la mode KFC. Il y en a PARTOUT ! Et on ne trouve que ça ! On tente les « Chifas », les restos « chinois » mais malheur, là aussi c’est poulet frit à gogo, et très souvent ils ne proposent que ça, et nous n’aimons vraiment pas cela… La découverte de la gastronomie bolivienne commence bien… xD

En se baladant dans le centre, nous allons faire un tour à une curiosité locale : el mercado de las brujas, le marché aux sorcières. Ce n’est pas un marché normal, ici pas de vêtements, d’artisanats, ni de nourriture. On y trouve des objets plus ou moins insolites, en rapport avec la culture des ayamaras (le peuple de cette région) qui, malgré leur catholicisme conservent des traditions ancestrales vénérant la Pachamama (la terre mère) : herbes séchées, petites flasques, talismans, fœtus de lamas séchés… Oui vous avez bien lu ! Assez étonnant de se balader dans ces rues où l’on croise des lamas morts… Ces lamas sont achetés lors d’évènements importants, ou par exemple à la construction d’une maison. On enterre un fœtus de lama sous la maison, en offrande à la Pachamama, pour s’attirer la chance, porter bonheur.

La grande particularité de La Paz, c’est que c’est une ville entourée de collines. Ici, la tendance est inversée par rapport au reste du monde : les riches vivent au plus bas, les pauvres sont sur les collines, qui sont plus en altitude, là où l’air se fait plus rare. Les transports se font en bus et minibus dans le centre, et pour relier le centre aux collines c’est en téléphérique.

Ici le téléphérique c’est comme le métro chez nous, il y a plusieurs lignes et plusieurs stations où on peut faire des correspondances. On se repère grâce aux couleurs. Le téléphérique on l’a souvent utilisé en Amérique du Sud (vu que les montagnes sont omniprésentes) mais on ne l’a jamais vu en tant que transport en commun, utilisé quotidiennement par la population d’une ville. Nous avons donc voulu tester, pour le fun, et puis pour le prix (3 Bs ≃ 0,40 €), on n’allait pas se priver d’une balade en téléphérique et de la vue sur La Paz ! Nous montons jusqu’à El Alto, le quartier/ville au-dessus de La Paz avec la ligne rouge. Nous sommes à plus de 4100 m ! Il fait bien plus frais que dans le centre, en bas. La vue sur la ville et ses alentours est impressionnante.

Le Canyon de Palca, coin de nature à 1h de la capitale

La Paz c’est sympa mais il y a dans les environs d’autres endroits à explorer. En arrivant dans la ville en bus, nous avions découvert les paysages désertiques qui l’entourent. Sur les conseils de Sundaystorms, nous décidons d’aller au Canyon de Palca. Après 45 minutes de route en colectivo (pour en savoir plus sur comment y aller, voir les infos à la fin de l’article), nous arrivons près du village de Uni.

On rejoint le centre du village et on demande notre chemin à une dame. Une fois sur le bon chemin, on suivra les indications de maps.me. C’est facile, un grand chemin où les voitures peuvent passer et ça descend. La vue est splendide, sur les montagnes de différentes couleurs.

On arrive ensuite près du canyon, on en prend plein les yeux !

On descend dans le canyon, arrêt pique-nique tranquille. Nous sommes tous seuls ! C’est impressionnant et génial de se retrouver là. Le paysage fait très far west. On traverse le canyon, on peut suivre le minuscule filet de la « rivière ».

À la fin une montée nous attend pour rejoindre le village de Palca. On croisera sur la route quelques agriculteurs dans leurs champs. Nous arrivons au village après 3h30 (pause comprise, et on a pris notre temps). Arrivés à la place du village, on trouve tout de suite un colectivo pour La Paz qui va partir. Il fait un petit tour du village en klaxonnant pour prévenir les gens qui voudraient partir. En passant devant une maison, une dame installe une armoire, une table et des chaises sur le toit ! Un vrai déménagement xD Nous sommes de retour à La Paz après 1h15-30 de route.

Retour dans le temps avec les ruines de Tiwanaku

Un endroit que nous ne voulions pas louper en Bolivie et accessible depuis La Paz : Tiwanaku. Nous allons à côté du cimetière, où se trouve les colectivos qui s’y rendent. Cependant nous arrivons un peu tard, à 11h30 et il n’y a personne d’autre pour remplir le colectivo ! Celui-ci doit être rempli pour partir et rentrer dans ses frais. Le chauffeur nous propose de payer 6 sièges de plus et de partir car d’après lui il n’y aura personne d’autre, et ayant déjà attendu un petit moment on se doute qu’il a probablement raison. On est prêt à craquer après un peu de négociation quand arrive un mec : c’est Steve, un québécois et finalement nous partagerons les frais du colectivo avec lui. On payera 100 bolivianos (≃ 13,25 €), soit 33 Bs (≃ 4,40 €) chacun (au lieu de 15 Bs, ≃ 2 €). Heureusement ici ça vaut quand même le coup ! On se retrouve donc tous les 3 en colectivo ! Bien rigolo comme situation. Nous avons 1h30 de route, ça nous laisse le temps de discuter avec Steve qui est super content de parler français et qui s’en donne à cœur joie côté accent et expressions québécoises quand on lui dit que oui on le comprend bien !

En arrivant, on paye l’entrée et avec Manu on décide de prendre un guide. Oscar nous fait la visite à moitié en espagnol et en anglais, curieux mélange, mais au moins on se comprend.

On apprend que la civilisation Tiwanaku est très vieille, et ces ruines étaient le lieu où se déroulaient les rituels : sacrifices de lamas, fêtes pour les équinoxes… Ces dernières existent encore. Nous y étions fin septembre et on a pu voir les restes d’un feu sur les ruines sacrées pour célébrer le 21 septembre. Sur la pyramide, il y a un immense puits en forme de croix andine (symbole reprit par les Incas). Ils s’en servaient pour observer les étoiles qui se reflétaient dedans (on avait déjà entendu ça au Pérou, à Chavin). La pyramide doit être excavée d’ici quelques années : on voit des gens travailler sur les ruines pendant la visite.

Comme chez les Incas ensuite (décidément ils se sont beaucoup inspirés), il y avait 3 mondes, qui sont représentés par trois temples : le haut (dieux, condors, la pyramide), le milieu (homme, puma, le temple à hauteur « normal »), le bas (serpent, la mort, un temple construit plus bas que le niveau de la terre). Dans ce dernier, le temple construit plus bas, on observe plusieurs visages sculptés, probablement des personnes importantes. Certaines ressemblent à des aliens… haha On peut également y voir des canaux pour acheminer l’eau jusqu’aux terrains agricoles (le temple est en pente).

On voit le point le plus connu d’ici, pour lequel on et venu : la porte du Soleil ! Elle a inspiré Hergé pour Tintin et le Temple du Soleil (l’un des meilleurs albums !) et elle apparait dans le générique des « Mystérieuses Cités d’Or », un beau dessin animé qu’on adore. En vrai elle est plus petite que ce que l’on imaginait. Elle est fêlée car elle a été déplacé par les conquistadors… Ces derniers ont d’ailleurs utilisés beaucoup des pierres des temples pour construire… des églises.

On visite ensuite le musée de la céramique où sont exposés des objets retrouvés (pot, flèche), une momie, des crânes déformés et allongés (une manière pour l’élite de se distinguer).
Un autre musée à côté abrite les monolithes découverts sur le site. Des petits et des très grands. Il y en a beaucoup et probablement encore plein d’autres qui n’ont pas été découverts.
Le plus imposant mesure presque 8 mètres de haut et pèse 20 tonnes !! Il a été abîmé après avoir été exposé en plein La Paz. Il a été placé ici pour le protéger mais beaucoup d’inscriptions ont disparu pour toujours…

Il y a un autre site à 5 minutes de marche, compris également dans le ticket. Mais il est vraiment en ruines et sans guide ici on ne comprend pas grand chose. On recroise la croix andine, des portes tombées…

Au retour on trouvera un colectivo où on paye le prix normal car il y a du monde dans ce sens et à cette heure qui part du village à côté. On profite de ces magnifiques paysages, dans une ambiance décontractée.

La Paz est une ville qui ne laisse pas indifférent ! Elle est pleine de vie, ce qui est un peu fatiguant. Les alentours sont impressionnants, le canyon de Palca, une beauté méconnue (et gratuite), et ces ruines, témoignant du passé précolombien de la Bolivie, sont les rares du pays encore visibles.

Infos générales :

  • Où dormir à La Paz ? York B&B. Nous avions une très belle chambre double avec salle de bain privée. Petit dej buffet compris. Très bien placé, dans le centre (il ne faut pas s’attendre au calme par contre, le centre est vivant et très bruyant)
  • Comment aller au Canyon de Palca ? Colectivo depuis La Paz, point sur maps.me, 15 min à pieds depuis l’église San Francisco. Direction Palca, demander au chauffeur de vous laisser à Uni (et surveiller la route sur maps.me car il nous avait oublié xD). Retour depuis le centre de Palca. (Possible dans le sens inverse mais rando plus facile dans le sens Uni-Palca). 10 Bs (1,30 €) par personne le trajet.
  • Comment aller à Tiwanaku ? En excursion depuis La Paz, ou en colectivo, à côté du cimetière (indiqué sur maps.me). Y aller assez tôt ! 15 Bs (2 €), arrêt aux ruines. Pour le retour, attendre un colectivo au même endroit. Il nous a laissé à El Alto (15 Bs – 2 €), au terminus nous avons pris un autre colectivo pour le centre-ville (2 Bs – 0,25 €, rapide).
  • Prix entrée de Tiwanaku : 100 Bs (13 €) par personne.
  • Prix du guide à Tiwanaku : 130 Bs (17 €), divisible.

Cuenca et le parc national de Cajas

Nous passons la frontière en bus depuis le Pérou, pour partir à la découverte du deuxième pays de notre voyage en Amérique Latine : l’Équateur ! En commençant par la superbe ville de Cuenca.

Nous avons vraiment eu un coup de coeur pour son centre historique. Pour être honnête, nous avons vraiment aimé toutes les villes que nous avons visité en Équateur. Mais revenons à Cuenca qui reste tout de même la plus agréable.

La cathédrale de Cuenca

La cathédrale Immaculée Conception est à côté de notre auberge. Il y a un parc juste devant, c’est agréable. Nous y sommes allés le samedi, il y avait plein (mais vraiment plein !) de monde bien habillés, endimanchés comme on dit ^^ Tout ça pour aller à la messe, ici ils sont très croyants.

On peut monter en haut de l’église, en passant par un escalier en colimaçon (2$ par personne). Il y a une superbe vue sur la ville et le dôme bleu. C’est vraiment très joli.

Balade en ville et près de la rivière

A côté de la cathédrale se trouve un marché aux fleurs (devant une autre église ; il y en a plein !) et une ribambelle de stands en tout genre. Une ville animée, comme toujours en Amérique du sud.

La ville est très mignonne et traversée par une rivière. Se balader à côté est très agréable.
On passe aussi à côté de plein de beaux street-art (courant sur ce continent)

Le musée Pumapungo (gratuit)

Un musée sur l’Equateur, il y a un parc à côté où il y a des ruines (pas grand chose) ainsi que des volieres avec des perroquets et des rapaces. On n’est pas fan, c’est un peu triste de voir ces oiseaux en cages…

Le musée est par contre très sympa, ludique. Il montre les différentes cultures en Équateur, des objets retrouvés lors de fouilles à Cuenca, les habitats et costumes traditionnels… On arrive ensuite dans un coin dans l’obscurité où il y a des têtes réduites ! D’abord animales (paresseux) puis humaines. Je n’aurais jamais pensé voir ça dans ma vie ! C’est vraiment bizarre et assez dérangeant….

Le parc national Cajas

À côté de Cuenca se trouve un parc national, accessible en 1h de bus depuis le terminal terrestre de la ville. Déjà sur la route nous nous émerveillons de ces paysages qu’on ne s’attendait pas à trouver en Équateur.

L’entrée du parc est gratuite, il faut juste s’enregistrer.
Il y a plusieurs randonnées, nous faisons la Ruta 1. On nous donne quelques explications ainsi qu’une carte et c’est parti ! Il faut suivre les marques roses pendant la rando.

Tout de suite les paysages sont magnifiques. On croise des lamas, qu’on ne peut s’empêcher d’approcher, ils ne sont pas trop craintifs.

On se croit de retour en Écosse avec ces couleurs (les lamas en plus) ! Il y a même une fine pluie par moment, histoire de bien compléter le tableau.

On passe par une petite forêt avec des arbres tout tordus, ça fait forêt enchantée. On mange dans une petite caverne nos bons burritos achetés le matin à Cuenca.

On dépasse un groupe de Sud Américains, nous sommes seuls sur le chemin, c’est vraiment tranquille. Par contre le chemin est très très boueux ! On glisse une dizaine de fois chacun, on tombe trois fois par terre et on a tous les deux une chaussure qui finit enfoncée dans la boue ! On finit la rando vraiment dégueulasses, les chaussures et le pantalon pleins de boue x)

Nous mettons 3h30 pour faire la rando avec arrêts repas, photos, lamas, glissades compris xD C’était très beau et agréable de se retrouver dans cette nature.

À la fin nous arrivons à une grande route (indiqué par le « ranger » à notre arrivée), on attend qu’un bus passe et quand enfin il y en a dans le bon sens, on lui fait signe. Il s’arrête à l’arrache pour nous faire monter et nous ramène à Cuenca.

Une belle escapade dans la nature juste à côté d’une ville très mignonne, le combo parfait pour bien commencer la découverte de l’Équateur ! En quittant Cuenca en direction de Guayaquil, nous repassons en bus par le parc, allant plus en altitude et découvrant de merveilleux points de vue, avant de quitter cette région (et retrouver le soleil et la chaleur !).

Kakadu National Park

/!\ Attention cet article est TRES long ! Mais, je l’espère, intéressant… Bon courage 😉

Le parc national de Kakadu est le plus grand d’Australie (19 000 km²) et est classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Souvent Darwin n’est qu’une escale avant d’aller à Kakadu (comme nous).
Le parc est dans une zone tropicale, qui a une saison sèche et une saison humide, il est géré conjointement par le gouvernement australien et les tribus aborigènes qui sont là depuis environ 50 000 ans.
Le parc abrite de nombreux animaux, dont des crocodiles et plusieurs centaines d’espèces d’oiseaux. Il est également infesté de moustiques, ce qui est vachement moins cool !

Nous sommes arrivés au parc en début de soirée et nous avons prit un camping très sommaire (5$ chacun, avec seulement des toilettes sèches), dès que la nuit commence à tomber, les moustiques sortent par centaines. C’est assez insupportable, il y en a tellement qu’on croirait un essaim d’abeilles. L’odeur de notre pauvre petite bougie à la citronnelle ne les gênait absolument pas, nous étions obligés de mettre des vêtements longs malgré la chaleur pour éviter de se faire dévorer. Une fois le repas fini nous nous sommes précipités à l’intérieur du van, heureusement nous avons une moustiquaire à l’arrière du van donc nous pouvions ouvrir le coffre pour laisser la fraîcheur de la nuit rentrer.

Le parc organise des promenades (gratuites) avec des rangers, du coup le lendemain matin nous sommes allés assister à l’une d’elles qui se trouvait à proximité de là où nous campions.
La balade en soi n’avait rien d’extraordinaire, une simple balade dans le bush, mais avec Annie, la ranger c’était hyper intéressant !
Elle nous a apprit beaucoup de choses sur la flore du parc ainsi que sur les aborigènes qui vivent ici et tout ce qu’ils ont pu leur apprendre.

Par exemple avec les fleurs d’un certain arbre, en le frottant entre les mains avec de l’eau, on obtient une mousse savonneuse. Si on jette ces fleurs dans l’eau, cela enlève l’oxygène de l’eau et les poissons remontent à la surface comme s’ils étaient saouls, ainsi il est facile de les pêcher.

Nous avons croisé un arbre dont les fruits sont des « wild mangoes », ces fruits sont apparemment très bon, riches en nutriments, ils sont également antioxydant et un conservateur naturel. Du coup les grosses industries sont intéressées pour le cultiver et en produire en grande quantité sauf que pour le moment ils n’ont pas réussi. Cet arbre fait partie d’un écosystème complexe et il ne peux pousser que dans la nature !

L’Australie est un pays très différent de nos pays européens et comme disait la ranger, pour nous, le feu est signe de catastrophe, il va brûler les arbres, la nature. Ici c’est totalement différent, la terre a besoin du feu. Ainsi dans le parc, avec les conseils des aborigènes, il y a des feux contrôlés pour régénérer la terre. Les aborigènes ont fait ça de tout temps ; sans le feu, la terre devient mauvaise, plus rien ne pousse. Il faut que ça brûle au moins tous les cinq ans. Et c’est vraiment impressionnant, nous étions sur un chemin, et la ranger nous a montré un côté qui n’avait pas été brûlé depuis longtemps, c’était tout sec, l’herbe était jaune, etc., l’autre côté avait été brûlé seulement quelques mois plus tôt et déjà l’herbe avait repoussée et était bien verte ! On voyait vraiment la différence et on a bien comprit l’utilité de ces feux.

Certains arbres ne peuvent pas pousser trop haut car ils sont remplis de termites, du coup ils risqueraient de s’effondrer. Cependant sans ces mêmes termites, les arbres ne pourraient pas pousser du tout, car ces insectes leur sont vitales.

Nous avons croisé un nid de fourmis dans la feuille d’un arbre, quand la ranger tapotait dessus, toutes les fourmis sortaient pour voir ce qu’il se passait. Ces fourmis piquent (je pense qu’on s’était fait piqué les pieds par des fourmis de la même espèce à Darwin lol), le piqûre est un peu douloureuse mais ça va. Par contre ça devient insupportable s’il y en a plusieurs qui piquent en même temps et qu’elles piquent à des endroits sensibles comme la gorge.

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Les aborigènes utilisent ces fourmis comme rite d’initiation, les jeunes garçons doivent s’asseoir sur un nid de fourmis et les laisser les piquer sans broncher jusqu’à ce qu’un adulte dise que c’est bon ils peuvent bouger. A partir de là ils deviennent des hommes, et s’ils ne résistent pas assez longtemps, ils se font battre par l’adulte.
Ce qui est étonnant c’est que la piqûre de ces fourmis a un goût citronné, certaines personnes du groupe avec nous en ont fait l’expérience : la ranger posait une fourmi sur leur langue, celle ci les piquait et ils sentaient le goût du citron. Les aborigènes utilisent ces fourmis et leur nid pour faire des limonades x) Mais ces nids, correctement utilisés (bouillis dans de l’eau entre autres choses… j’en sais pas plus, il faut demander aux aborigènes ^^), quand ils contiennent des œufs sont également un puissant remède contre la toux, comme a pu l’expérimenter un ami de notre guide.

La ranger nous a montré comment les femmes aborigènes utilisent les longues feuilles d’une plante pour les tresser afin d’en faire un panier. Elles utilisent des colorants naturels pour colorer ces sacs. Ces paniers et sacs se vendent assez chers, dans les 200$, mais quand on voit le travail et le temps passé, on comprend ! Apparemment ces sacs sont très résistants et durent une vingtaine d’années.

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Les aborigènes ont une culture totalement différente de la nôtre et nous n’avons pas la même façon de penser. Un exemple qu’elle nous a donné est que quand les premiers colons sont arrivés, ils échangeaient ces fameux sacs contre un paquet de tabac aux femmes aborigènes puis, les revendaient une fortune aux musées du monde entier. Ils les arnaquaient ! Sauf que du point de vue des aborigènes, c’étaient elles qui les arnaquaient. Elles leur donnaient des sacs de mauvaise qualité qui ne pouvaient servir à rien et qui ne valaient rien selon elles. Mais elles gagnaient quand même un paquet de tabac 😉

Pendant la balade on a également mangé les pétales d’une fleur… Mais ça n’avait pas trop de goût.

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La promenade finie nous faisons un tour au centre des visiteurs où il y a quelques expos sur la faune et la flore du parc. Puis nous partons vers Ubirr, l’un des endroits les plus populaires du parc et accessibles à tous (car malheureusement certains endroits ne sont accessibles qu’en 4×4…). Sur la route le paysage est déjà très beau.

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Nous partons pour une petite randonnée où l’on peut voir des peintures rupestres datant de plusieurs milliers d’années pour certaines.

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Parfois il y a des dessins qui en recouvrent d’autres car pour les aborigènes c’est l’acte de peindre qui est important et pas le dessin en lui-même. De plus, certains dessins sont impossibles à comprendre si l’on n’était pas là au moment où ils ont été effectués.

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Après cela nous escaladons une petite colline de cailloux et là nous arrivons sur la plus belle vue de Kakadu qui nous a laissé sans voix ! Une magnifique vue sur la plaine, qui était hyper verte, ce qui était bizarre car presque partout tout était jaune et sec, de beaux rochers et des billabongs… Bref c’était trop beau ! En photo on se rend moins compte de la beauté et l’immensité de la plaine. Il est conseillé d’aller voir la vue au coucher du soleil mais nous y sommes allées dans l’après-midi et nous avons bien fait car je crois qu’après il y avait trop de monde pour le coucher de soleil. Au moins on était tranquille 🙂

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Ensuite nous sommes allés voir le dessin du serpent arc-en-ciel, dont ils parlaient dans les guides. Bon ce dessin n’avait rien de spécial x) Mais c’est assez célèbre car le serpent arc-en-ciel, qui est l’un des dieux de la « création », se retrouve dans pratiquement toutes les cultures aborigènes du pays.
Les aborigènes ne laissent jamais leurs jeunes enfants pleurer, ils vont toujours les réconforter, cela fait partie de leur culture et cela est lié à ce serpent géant qui n’aime pas entendre les enfants pleurer… Sous peine de venir le dévorer ainsi qu’une partie de la tribu !

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Le soir nous sommes allés dans un autre camping avec seulement des toilettes (sèches), après une petite douche grâce à notre douche solaire, nous préparons à manger et ce soir nous pouvons mangez dehors sans trop nous faire attaquer par les moustiques, grâce à un couple de retraités qui nous a donné un espèce d’encens qui fait fuir les moustiques. Ca marche plutôt bien !

Le lendemain nous allons à Nourlangie (ou Burrunggui, son nom aborigène), où nous voyons d’autres peintures rupestres. A certaines heures de la matinée un ranger vient donner des informations à certains sites. Nous assistons à l’un d’eux, et nous retrouvons Annie, la ranger de la veille.
Nous sommes dans une espèce de caverne, un refuge pour les aborigènes, à l’abri du soleil, du vent et de la pluie. Ici il fait très frais, ça fait du bien, on comprend pourquoi les aborigènes des environs venaient ici !
La ranger nous explique diverses choses sur le parc et les peuples aborigènes, elle nous montre des objets, comme une flèche, des pierres polies qui servaient à écraser la nourriture, les plantes…

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Il y a 50 000 ans les aborigènes étaient plutôt avancés par rapport à l’homme préhistorique européen , par exemple ils utilisaient des outils plus élaborés. Mais les aborigènes n’ont jamais évolué comme l’homme blanc l’a fait, car pour eux le plus important est la tradition, la transmission du savoir.

Comme je l’ai dit plus haut ils ont une culture très différente de la nôtre, nous voyons le temps comme une chose linéaire, ce qui n’est pas leur cas. Pour eux le présent, le passé et le futur sont étroitement liés. C’est ce qu’on en a compris, mais c’est difficile de bien saisir cette culture qui n’a rien à voir avec la nôtre et qui n’est pas vraiment mise en valeur en Australie. Nous sommes donc contents d’en avoir plus apprit à Kakadu grâce à cette ranger qui était très impliquée et passionnée par la culture aborigène.

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A côté du site de Nourlangie il y a un billabong (trou d’eau laissé par les rivières une fois asséchées) que nous sommes allés voir. C’était super joli il y avait plein d’oiseaux. Mais on ne s’est pas trop approché de l’eau car les crocodiles peuvent y élire domicile.

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Ensuite nous sommes allés au Mirrai Lookout, pour y accéder il faut monter une petite colline sur environ 1 km. C’était assez épuisant car c’était assez raide, avec des cailloux et surtout il faisait trop chaud ! Malins comme on est on a fait ça quand il était environ 13h donc quand la chaleur est vraiment étouffante !
En haut on a une vue à 360° sur les environs, c’était sympa mais on était un peu déçus, après ces efforts on s’attendait à mieux x)

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Après cela nous avons fait un petit tour à Yellow Water mais nous n’y sommes pas restés longtemps, c’est d’ici que partent les bateaux qui proposent des petites croisières sur la rivière.

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The Beach

En tant que grande fan de Leonardo DiCaprio (et oui que voulez-vous), j’ai vu « La Plage » (« The Beach » en VO) au ciné à sa sortie et j’avais adoré. Je connais le film par cœur et j’ai même acheté le CD de la BO que j’ai du écouter environ un million de fois. Bref la Thaïlande je la connaissais surtout par ce film et il était absolument obligatoire que je vois la fameuse plage du film une fois ici !

Du coup nous sommes allés jusqu’à Phuket (la ville), puis nous avons prit un ferry jusqu’à l’île de Ko Phi Phi (c’était très long et très chiant car le bateau était très très lent, on était en plein soleil et on n’avait pas prévu de crème solaire assez forte ni de chapeau ! BOULETS !).

Arrivés à Ko Phi Phi – qui a l’air d’être une île magnifique mais qu’on n’a pas exploré malheureusement – on se balade un peu parmi les petits commerces puis on prend un taxi-bateau qui nous amène jusqu’à  Maya Bay, la célèbre plage que l’on peut donc voir dans le film.

Déjà rien que le trajet pour y aller, c’est magnifique… Ces paysages sont vraiment impressionnants, c’est grandiose ! Super sympa aussi de se balader sur ce petit bateau 🙂 On apprécie plus ces paysages que lorsqu’on est sur un gros bateau (comme le ferry).

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Puis on arrive à Maya Bay, c’est une petite crique entourée de falaises et c’est juste sublime… On s’approche de la plage où il y a énormément de gens. Forcément, on s’y attendait, depuis le film tout le monde veut voir cette endroit paradisiaque ! Alors oui il y a beaucoup beaucoup de monde mais on s’attendait à pire. Quand on a connu les plages de la Côte d’Azur en plein mois d’août on relativise à propos du monde sur les plages après !

En s’approchant de la plage on voit la couleur de l’eau… Turquoise ! Wahou !

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Arrivée sur Maya Bay

Le taxi nous laisse et nous attend. On a environ une heure pour en profiter (snif trop court). Du coup on prend plein plein de photos, on se baigne… L’eau est super chaude et transparente, c’est un vrai plaisir de se baigner ici, dans un décor aussi beau qui plus est ! Ensuite on a exploré très rapidement les alentours, c’est très sauvage, il y a plein de végétation, on adore !

Et puis on a eu de la chance, on a eu droit à un court (mais très appréciable) moment de paix, les bateaux de touristes sont tous partis en même temps, et on a eu 10 minutes de paix avant que les prochains n’arrivent… On devait être une dizaine sur la plage, et là, c’était vraiment le paradis… 🙂

Malheureusement après on a du partir, on aurait aimé y rester plus longtemps mais bon c’est comme ça…

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La belle eau transparente !

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Ça reste un des meilleurs souvenirs de notre voyage, malgré les coups de soleil et la mini insolation ! (le lendemain je me suis vite achetée un chapeau !)

Voilà une petite vidéo pour vous rendre un peu plus compte du paysage !  (avec la jolie musique de Moby qu’on entend dans le film ; j’étais obligée xD)

La villa Katsura

La villa Katsura se trouvant à côté de la maison où nous vivions, notre hôte nous a proposé d’y aller à vélo. A Kyoto c’est impressionnant le nombre de cyclistes !! D’ailleurs ça peut vite devenir agaçant quand on est piéton car ils roulent tous sur les trottoirs…
On a un peu galéré à trouver la villa car elle n’était pas du tout indiquée, du coup on est arrivé un peu à la bourre… Oui car pour visiter cette villa il est obligatoire, comme pour la visite du Palais Impérial, de s’inscrire avant pour assister à une visite avec un guide. Heureusement ils ont été sympa et nous ont laissé retrouver le groupe, d’ailleurs on était les seuls européens ! x) La visite se faisait en japonais du coup mais heureusement nous avions un casque audio qui nous fournissait des explications en anglais. Comme la villa Katsura est (beaucoup) moins célèbre que le Palais Impérial, il y avait beaucoup moins de monde pour la visite donc on a pu profiter de la villa et ses jardins en petit comité, très appréciable ! 🙂

La villa fut construite pour le jeune frère d’un empereur, sa conception était nouvelle pour l’époque et elle marque une étape importante dans l’art des jardins japonais. C’est une référence pour les paysagistes, et on comprend bien pourquoi quand on s’y ballade !
Chaque pavillon a une fonction particulière : de tel endroit on peut observer la lune, d’un autre les fleurs du jardin… Depuis l’intérieur des pavillons, les paysages ressemblent à des tableaux de peinture que l’on aurait accroché. Et tous différents bien sûr !

Cet endroit est tout simplement sublime, en photo on ne peut pas se rendre compte de tout ces paysages qui nous entourent quand on s’y promène. On a beaucoup aimé, c’était très authentique et calme ! Le guide, bien qu’il ne parlait pas anglais était également très sympathique tout comme les touristes japonais 🙂

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Ginkaku-ji, le pavillon d’argent

Nous n’avions pas vraiment prévu de visiter le pavillon d’argent, vu que nous avions vu le pavillon d’or ; cependant notre hôte Kiyoko nous a conseillé d’y aller pour comparer les deux. Nous avons donc suivi son conseil et nous avons bien fait ! 🙂

Le pavillon d’argent fut construit en 1482 (et apparemment celui-ci n’a jamais brûlé, donc c’est bien l’original que l’on peut voir, wouhou !). C’est le petit-fils de celui qui avait construit le pavillon d’or qui le fit construire, pour rivaliser avec le bâtiment de son aïeul. Il souhaitait le recouvrir d’argent (d’où son nom) mais cela ne se fit jamais.
C’est maintenant un temple bouddhiste (tout comme le pavillon d’or).

Le pavillon d’argent est un modèle du raffinement japonais, ses bâtiments principaux sont classés trésors nationaux. Pour beaucoup de Japonais (dont notre hôte Kiyoko), il surpasse le pavillon d’or en terme de beauté.

Nous avons aimé les deux, difficile de dire lequel est le plus beau ! Le pavillon d’or est certes plus impressionnant mais le cadre du pavillon d’argent est plus enchanteur… En tout cas, il faut voir les deux ! 🙂 Le seul point négatif c’est que ce sont des monuments très célèbres et donc très visités… Dommage pour apprécier pleinement ces lieux qui sont des endroits censés être paisibles…!

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Près du pavillon d’argent se trouve le chemin de la philosophie, qui suit un canal entouré de cerisiers. Elle est appelée ainsi car un célèbre philosophe japonais prenait ce chemin tout les matins pour sa méditation quotidienne… Ca doit être super joli au printemps quand les cerisiers sont en fleurs !

 

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