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Visiter Chachapoyas et la région Amazonas au Pérou

Après avoir profité du bord de mer de Huanchaco et visité ses ruines pré-colombiennes, nous partons de Trujillo vers l’intérieur du Pérou, direction Chachapoyas !

Nous arrivons dans la capitale de la région Amazonas après 13h30 de bus. Nous avons roulé en partie de nuit et nous débarquons très tôt à notre hôtel (6h), qui nous laisse gentiment nous installer dans notre chambre où nous pouvons finir notre nuit.

Chachapoyas est une ville de 32 000 habitants, située à 2 335m d’altitude. Elle est assez isolée du reste du pays et proche de la forêt amazonienne. C’est une ville peu fréquentée par les touristes étrangers. Nous sommes venus ici pour découvrir quelques merveilles alentour qui valent clairement le détour d’après nous !

Découvrir la ville de Chachapoyas

Le premier jour, nous faisons un petit tour dans la ville, tout simple, avec comme toujours au Pérou une Plaza de Armas superbe et pleine de vie. Durant notre séjour, nous assistons même à une célébration, des habitants des villages de la région se retrouvent ici pour faire la fête et portent leurs habits traditionnels.

Chachapoyas est une ville péruvienne authentique avec ses petits restos aux menus du midi pas cher, ses chifas (restos péruviens-chinois), sa street-food… C’est également ici que nous testerons un plat emblématique du Pérou, qui en fera grimacer certain… Du cochon d’inde ! Verdict : ça ressemble à du poulet mais en moins sec et beaucoup plus tendre. Par contre y’a pas grand-chose à manger, surtout que nous en avons partagé un (c’est devenu un truc touristique et donc ils gonflent les prix). Au moins on aura testé !

Visiter la forteresse de Kuelap

Nous réservons une excursion avec notre hôtel où nous expérimentons un beau quiproquo au moment où la fille nous demande de cancelar… « Mais on veut pas annuler, on réserve ! » Incompréhension totale, jusqu’au moment où elle nous apprend que cancelar qui signifie annuler veut aussi dire pagar donc payer/régler… Ah d’accord, très logique ! Au moins, on a retenu la leçon ^^

Bref, nous finissons par réussir et réservons une journée pour aller visiter Kuelap, une forteresse de l’époque du peuple Chachapoyas. On paye 90 soles chacun (environ 20€), tout compris (guide, entrée, trajet, repas). Nous partons en bus avec un guide anglophone, Augusto, super sympa.

Après 2h – 2h30 de voyage sur des petites routes de montagnes qui tournent dans tous les sens, nous arrivons à destination… Enfin presque ! Il faut prendre un téléphérique sur 4 km (20 minutes) pour accéder à la forteresse qui se trouve à 3 000m d’altitude. Il a été inauguré en mars 2017 et avant cela le lieu n’était accessible que par une randonnée d’environ 3h qui grimpe bien. Le téléphérique (le premier au Pérou, réalisé en partie par… des français haha) permet d’ouvrir ce lieu à plus de touristes. Pour l’instant l’afflux reste très raisonnable et on croise principalement des touristes péruviens. Mais qui sait, peut-être qu’un jour Kuelap devra affronter le même tourisme de masse que le Machu Picchu…

Après une courte marche qui grimpe un peu, nous nous retrouvons au sommet et découvrons la forteresse, impressionnante. Il existe 3 ou 4 entrées dont la principale qui se ressert peu à peu, afin de ne laisser passer qu’une personne à la fois (et limiter l’entrée des potentiels envahisseurs). Des fouilles sont encore en cours et une partie du lieu n’est pas accessible. Nous suivons le guide, au milieu des 400 petites maisons circulaires à l’intérieur de la citadelle. Le lieu est magique, avec cette vue sur les montagnes autour, on reste scotché !

Le guide nous apprend quelques petites anecdotes, par exemple il y a plus de pierres ici que dans la Grande Pyramide de Kheops en Egypte (ça paraît improbable, d’autant plus qu’on se demande comment ils les ont amené à cette hauteur !).

Les morts étaient enterrés à l’extérieur de la cité, puis une fois les corps décomposés, les squelettes étaient entreposés dans un trou au milieu de la maison, avec les restes des autres dépouilles de la famille.

Ils faisaient également des élevages de cuy (cochon d’inde), on a retrouvé des tunnels dans les maisons.

Une super visite, à faire avec un guide afin de comprendre où on se balade et en apprendre beaucoup sur un peuple peu connu mais intéressant, les chachapoyas. La vue autour de la forteresse est un gros point fort, c’est vraiment sublime !

Deux jours à Cocachimba, à la découverte de la Catarata Gocta, entre rando sportive et havre de paix tropical

Nous avions découvert l’existence de la cascade de Gocta, aussi appelée La Chorrera, juste avant notre départ pour le Pérou, grâce à un reportage et nous ne voulions pas passer à côté de l’occasion d’y aller !

Comment aller à la cascade de Gocta en indépendant ?

Depuis le Terminal Terrestre de Chachapoyas, nous avons pris un colectivo pour Cocahuaico (5 soles chacun), nous avons précisé où nous voulions aller et il nous a déposé à un embranchement vers une route de terre. Des tuk-tuk sont postés là et l’un d’eux nous amène jusqu’au village de Cocachimba (pour 5 soles également par personne).

Randonnée jusqu’à la cascade de Gocta

Nous déposons nos affaires à notre joli hébergement où on nous offre un verre de jus d’orange pressé, on voit au loin la cascade depuis notre chambre. Pas le temps de traîner, nous nous mettons en route pour aller jusqu’au pied de la cascade, après avoir payé un droit de passage de 10 soles par personne.

Le début de la rando est en plein soleil et nous sommes dans une région tropicale : il fait chaud ! Heureusement on arrive rapidement dans la forêt, à l’ombre… Mais le chemin monte et descend, il y a de la boue, beaucoup de pierres… Entre ça, la chaleur et le fort taux d’humidité, ce n’est pas simple.

Nous marchons au milieu des papillons et croisons des gens à cheval (pour ceux qui sont trop fatigués pour faire la rando aller/retour).

Sur le chemin on retrouve une péruvienne qui a visité Kuelap la veille avec nous ! On discute un peu, elle nous donne quelques indications. Puis nous rencontrons Jorge, qui vient de Lima. Il est fatigué de la marche mais très sympa et surtout ravi de trouver des français ici ! Il adore nous écouter parler et nous demande de faire une petite vidéo pour un ami à lui, français. Un petit moment assez rigolo qu’on garde en mémoire 🙂

Après 2 heures de marche, nous voici au pied de la cascade. Nous qui étions en sueur tout le long du chemin, une fois arrivé, c’est un déversement de fines gouttes, de vent et d’humidité qui nous accueille. Le choc est tellement impressionnant qu’on met nos imperméables. Même en se tenant à distance de la cascade, on se fait arroser comme si on prenait une douche ! Il faut dire que cette cascade envoie du pâté : d’une hauteur totale de 771 mètres, elle est composée de deux chutes, dont la seconde, la plus longue fait 540 mètres ! Cela en fait la cinquième plus grande cascade du monde, et la quinzième plus haute chute libre d’eau du monde (pour la seconde partie de 540 m).

C’est vraiment très très impressionnant ! Nous sommes également fascinés par les alentours de la cascade qui sont hyper verts et plein de mousse. Incroyable mais à certains endroits on se croirait presque en Écosse.

Après avoir mangé nos (immondes) sandwiches et regardé une dernière fois la cascade, nous repartons en sens inverse. L’interminable descente de l’aller devient une longue montée de 30 minutes ! Nous mettons un peu moins de temps que prévu au retour, 1h30. Au total nous aurons fait 11 km pour approcher cette incroyable cascade.

Profiter de l’atmosphère amazonienne à Cocachimba

Le soir on prend des forces dans un resto du petit village avec un chaufa, un plat à l’influence asiatique que l’on trouve partout au Pérou, consistant en du riz sauté avec des légumes. Ici, il est accompagné de spécialités du coin : de la cecina (viande séchée), des saucisses et des bananes plantains grillées. C’est délicieux et bien copieux, tout ce dont on avait besoin !

En rentrant à notre hôtel on se fait un petit kif et montons sur le toit pour observer le ciel de nuit. C’est fabuleux ! On distingue le ciel de l’hémisphère nord, avec assez peu d’étoiles et la Grande Ourse à l’envers. Mais aussi le ciel de l’hémisphère sud, rempli d’étoiles, la Voie Lactée hyper visible et la Croix du Sud. On voit même deux étoiles filantes. Un moment unique qu’on n’est pas prêt d’oublier.

Après une bonne nuit de repos nous partageons notre petit déjeuner avec un couple de péruvien, au milieu de la forêt tropicale et des colibris. Au menu fruits tropicaux, jus frais et infusion de muña (une menthe locale).

Les sarcophages de Karajia

Autre curiosité de la région, des sarcophages d’une ancienne civilisation, perchés sur des falaises. Nous avions vu des images qui nous ont donné envie d’aller voir ça par nous-même.

Comment aller aux sarcophages de Karajia en indépendant depuis Chachapoyas ?

Il est possible de payer une excursion avec un guide depuis Chachapoyas, mais nous avons décidé d’y aller tout seul. Depuis le Terminal Terrestre, nous prenons un colectivo pour Luya (5 soles par personne – 50 minutes de route). Une fois à Luya, un taxi collectif (une voiture mais nous partageons le trajet avec d’autres) nous amène à Cruz Pata, le village près de Karajia (6 soles par personnes – 45 minutes).

Pour le retour, nous avons fait pareil. Le taxi était là, il savait bien qu’on allait devoir repartir haha Donc au lieu de faire le chemin retour à vide, il nous a attendu.

Accéder aux sarcophages de Karajia

Après avoir payé 5 soles chacun à Cruz Pata, nous prenons le chemin qui amène jusqu’aux sarcophages. Le panneau indique 1km, ça ne fait que descendre et il fait très chaud. Il est possible de s’y rendre à cheval mais nous préférons marcher.

Au bout de 20 minutes, nous arrivons au point de vue sur les sarcophages, ils sont super haut ! Six sarcophages stylisés, faisant jusqu’à 2,5m de hauteur. Les défunts étaient insérés en position fœtale dans la partie « corps » des sarcophages.

L’application maps.me indique qu’il y a d’autres sarcophages un peu plus loin, nous les cherchons mais ne les trouvons pas.

Sur le chemin retour nous rencontrons un groupe de touristes en excursion. A ce moment-là, on est bien content de les avoir éviter et d’avoir profité du lieu seuls et en toute tranquillité.

Nous avons beaucoup aimé ce passage à Chachapoyas, qui regorge d’endroits à découvrir et qui nous a plongé dans une atmosphère différente du Pérou. Nous avons échangé avec plein de péruviens, locaux ou touristes, toujours super contents de voir des occidentaux s’intéresser à leur pays (et pas juste au Machu Picchu !). Nous gardons de super souvenirs de ce lieu, entre les rencontres et les paysages grandioses et sauvages !

Conseils pratiques

Où manger à Chachapoyas ? Le restaurant El Batan del Tayta, un endroit à la décoration atypique et aux plats revisités et uniques (j’ai mangé du porc façon ceviche). Les cocktails sont aussi originaux, il y en a même avec des fourmis (mais on n’a pas testé) ! Un resto à découvrir si vous voulez une petite soirée qui change.

Où dormir à Cocachimba, près de la cascade de Gocta ? Gocta Miradors, un petit hôtel avec vue sur la cascade, propre, bon petit déjeuner et la gérante est juste adorable ! Chambre double avec salle de bain privée pour 35€ (un peu « cher » pour le Pérou mais l’endroit est vraiment sympa !).

Découverte des cultures Chimus et Moches à Huanchaco

Nous quittons les montagnes de Huaraz pour la côte Pacifique, direction la ville de Trujillo, et plus précisément Huanchaco, petite ville balnéaire à côté, qui nous conviendra mieux pour poser nos sacs. Ici, on vient pour profiter de l’air marin mais aussi et surtout pour se plonger dans l’histoire de deux anciens peuples du Pérou. On connaît beaucoup les Incas, mais ils arrivent très tard dans l’histoire ! Avant eux vivaient de nombreux peuples, dont les Chimus et les Moches, dont nous allons en apprendre un peu plus ici.

La petite ville de Huanchaco

A Huanchaco nous prenons le temps de nous promener, de savourer tranquillement, sans se presser. Nous en profitons pour tester quelques restos, dont un de sushis, très bon (infos à la fin de l’article). Nous allons près de la plage, voyons les barques traditionnelles des pêcheurs d’ici, qui sont utilisés depuis l’époque des Chimus.

La ville est toute petite, nous faisons un tour au marché, qui est riquiqui ! Il n’y a que quelques stands mais c’est suffisant pour y faire nos provisions en fruits et légumes frais, mais aussi y manger un petit plat : poisson frit pour Manu, ceviche pour moi, qu’une vieille dame prépare devant nous, nous appelant « mi niños » et s’étonnant de nous voir manger épicé, pas courant pour des gringos (oui on s’est fait traité de gringos par une mamie péruvienne haha).

Le soir, on se pose au bar déguster des Pisco Sour et autres cocktails devant un superbe coucher de soleil, le plus beau du voyage !

Découvrir les Chimus : le site archéologique de Chan Chan

Nous partons pour Chan Chan avec un bus qui fait la liaison entre Huanchaco et Trujillo et qui nous dépose sur la route principale à notre demande. Nous marchons une dizaine de minutes jusqu’à l’entrée du site.

A l’entrée, une guide nous accoste en nous parlant français, nous décidons de faire la visite en sa compagnie, afin d’en apprendre plus sur cet endroit.

Le peuple Chimu qui habitait ses lieux était un peuple d’agriculteurs et de pêcheurs, qui a vécu jusqu’à l’arrivée des Incas (ces grands guerriers qui ont conquis une grosse partie de l’Amérique du Sud). Nous visitons les restes des bâtiments en adobe dans lesquels ils vivaient, et où on trouve encore différents motifs qui décoraient les murs.

Beaucoup de bâtiments sont encore ensevelis, le travail des archéologues est loin d’être terminé. Notre guide nous apprend que les chefs étaient polygames et pouvaient avoir jusqu’à 200 femmes ! Ils s’embêtaient pas ! Cela faisait donc de très très grande famille, il fallait donc de la place pour accueillir tout ce monde. Quand le chef mourrait, des sacrifices humains étaient perpétués pour être enterrés à ses côtés (surtout des jeunes femmes). Elle nous explique aussi qu’à cette époque le cochon d’inde était un repas ordinaire, alors qu’à présent c’est plus pour des occasions spéciales.

Un endroit vraiment particulier, et à faire de préférence avec un guide car il n’y a aucune explications et ce serait dommage de se promener ici sans savoir de quoi il s’agit. Il y a juste un petit musée à l’entrée avec quelques artéfacts.

Chez les Moches : Huaca de la Luna et del Sol

Nous nous rendons sur un autre site historique des alentours, en bus puis avec un colectivo. Arrivés sur place à 14h30 on nous dit qu’aujourd’hui c’était gratuit jusqu’à 14h mais que c’est maintenant fermé (nous sommes dimanche, est-ce pour cela?). On ne sait pas quoi faire, on est venu jusqu’ici, on aimerait visiter ce lieu, on réfléchit, et finalement quelqu’un nous dit que puisqu’on est ici, on peut visiter finalement ! On n’a pas tout compris mais ok, c’est bon pour nous !

Nous visitons la Huaca de la Luna avec un groupe et un guide obligatoire (nous sommes les seuls étrangers donc c’est en espagnol).

Le guide nous raconte l’histoire des Moche (oui y’a un peuple qui s’appelle comme cela ! Mais à prononcer « motché »), qui étaient là avant les Chimus (le peuple dont je parlais au-dessus). La Huaca de la Luna était un centre religieux, tandis que la Huaca del Sol (qu’on ne peut pas visiter pour l’instant) était un lieu administratif. Il faut aussi noter que ces noms de Huaca del Sol et de la Luna (qui signifie Temple du Soleil et de la Lune) sont les noms donnés par les espagnols lorsqu’ils ont découvert ces endroits, se basant sur les croyances Incas. Contrairement à ces derniers, les Moches ne vénéraient ni le soleil ni la lune.

Entre ses deux « poles » se trouvaient une grande ville.

Nous nous retrouvons devant une espèce de pyramide, chaque étage était en fait construit à chaque nouvelle dynastie, entre 100 et 700 après J-C. Il reste de belles fresques et encore des couleurs. C’est très joli et aussi très intéressant de pouvoir admirer cela, c’est assez rare de trouver des lieux aussi bien conservés par ici.

Trujillo, Huanchaco et les alentours sont souvent boudés par les touristes étrangers (la plupart des gens visitent plutôt la partie sud du Pérou), pourtant cet endroit mérite plus d’attention ! Nous nous sommes sentis super bien à Huanchaco, ça faisait plaisir de retrouver la mer, le soleil, une ambiance vacances, et nous avons vraiment apprécié nos visites à Chan Chan et à la Huaca de la Luna, c’était intéressant d’en apprendre plus sur des peuples qu’on ne connaissait pas et qui restent encore mystérieux…

Infos pratiques (prix mai 2019)

  • Comment se rendre à Chan Chan : prendre le bus orange qui fait la liaison régulièrement Trujillo – Huanchaco pour 2 soles par personne (0,50€).
  • Prix d’entrée Chan Chan : 10 soles (2,7€)
  • Prix d’une guide francophone : 50 soles pour nous deux (13,5€)
  • Comment se rendre à la Huaca de la Luna : depuis Huanchaco nous avons pris le bus jusqu’à Trujillo, à l’Ovalo Grau (un grand rond-point) et de la un colectivo qui amène jusqu’au site archéologique (en 15 minute environ).
  • Prix d’entrée de la Huaca de la Luna : 10 soles, la visite en groupe avec un guide est compris dedans (et obligatoire).

Où manger à Huanchaco ?

  • Umi Sushi Bar : un petit resto sans devanture, il faut frapper à la porte pour se faire ouvrir (ça fait très resto clandestin !) mais délicieux avec des mélanges originaux, au guacamole, crevette tempura, et des makis ceviche super bon !
  • Coco pizza : tout petit endroit pizzas et vin pas cher mais très bon
  • Chocolate Café : des bons jus de fruits frais, des patisseries qui font plaisir et des options végétariennes. Bon et copieux !