Nous quittons La Paz avec un bus direction Oruro. Celui-ci n’est pas hyper pressé, alors que nous, un peu, on ne voudrait pas louper le seul colectivo qui va à Sajama, notre destination finale x) On informe le chauffeur de nous laisser à Patacamaya : il nous dépose sur le grande route, c’est totalement désert ! On « traverse » la petite ville et on arrive à un autre axe routier où il y a de l’animation : restaurants et plein de colectivos ! On ne s’attendait pas à ça. Etant donné qu’il n’y a qu’un colectivo par jour pour Sajama, on s’attendait à une minuscule bourgade avec 2-3 colectivos, mais la rue en est farcie. On trouve rapidement celui qui va à Sajama, ouf il n’est pas encore parti !

Après 2h-2h30 de route dans des paysages superbes et variés, nous arrivons à l’entrée du parc de Sajama, où nous, étrangers, devons payer (gratuit pour les boliviens). C’est splendide !

On arrive au petit village de Sajama, c’est très rustique. Il y a quelques hébergements, nous trouvons une chambre double avec salle de bain privée et eau chaude, détail très important ici, car nous sommes à plus de 4000m et il fait frais ! Nous avons vue sur plusieurs volcans, dont le sommet le plus haut sommet de Bolivie : le Sajama ! Il culmine à 6542 mètres.

Nous ne tardons pas et partons pour une « petite » rando, pas très loin, pour grimper jusqu’au mirador Monte Cielo. En fait il nous faut quand même 1h15 pour aller au point de vue car ça grimpe pas mal et à cette altitude, la fatigue se ressent rapidement. Nous arrivons à plus de 4400m, avec une vue sur le village et les environs ! C’est tellement beau et paisible. La descente est plus rapide, heureusement.

Le soleil se couche, ça se rafraîchit. Les nuits sont froides, il n’y a pas de chauffage et l’isolation est inexistante. On dort habillés avec 4 épaisses couvertures, et on se réchauffe au dîner dans la salle à manger, grâce à l’unique poêle et à des infusions de coca, anis et camomille (pas d’eau potable alors on la boit bouillie). Tout est très calme. C’est vraiment un petit village tranquille au milieu des Andes. On se sent bien ici, malgré le froid !

Le lendemain, après le petit déjeuner, nous partons pour une rando vers les geysers de Juchusuma. Les alentours du village sont absolument superbes, et on croise plein de lamas et alpagas. C’est exactement le genre de paysages dont on rêvait avant de venir jusqu’ici, c’est un régal pour les yeux.
Il fait chaud quand il n’y pas de vent, mais quand celui-ci se lève, il est glacial ! Nous croisons deux 4×4 sur la route, en effet il est possible et plus simple d’explorer le parc en louant un 4×4 à un habitant. Nous avions peu de temps pour nous organiser et nous avons décidé d’utiliser nos jambes pour notre part.

Après 8km, nous arrivons aux geysers. Nous sommes tous seuls à profiter du lieu, de ces trous d’eau bouillonnants, on sent la chaleur s’en échapper, c’est fou ! On voit des morceaux de coquilles à côté : certains ont pensé à apporter des œufs pour les faire cuire dans ces eaux ^^

Après un petit grignotage composé de bananes de pain et de chips (pique-nique avec les moyens du bord, ici il y a juste 2-3 petites boutiques avec quelques produits, on a oublié de ramener des provisions depuis La Paz), on repart en sens inverse. On n’a pas le courage d’aller aux sources thermales, qui sont payantes et nous rajouterait encore minimum 6km. 16km c’est déjà suffisant, surtout à cette altitude ! Le retour est long et fatiguant, heureusement que c’est surtout du plat. On rentre à l’hôtel éreintés, et on s’octroie une pause bien méritée avec des infusions de coca pour lutter contre les effets provoqués par l’altitude.

Le lendemain, le réveil sonne tôt pour aller à l’arrêt de bus du village à 5h30, pour ne pas louper LE colectivo de la journée qui nous ramène à Patacamaya. Il caille ! Une fois à Patacamaya, on prend un autre colectivo pour Oruro avec un couple de suisse/slovaque qui vient de Sajama comme nous, et une fois à destination, on partage un taxi pour nous rendre au terminal de bus. Le périple n’est pas encore fini, il nous faut trouver un bus pour Cochabamba. Nous en trouvons un rapidement qui part bientôt. Juste le temps de s’acheter un repas à emporter, et nous voici de nouveau sur la route. Après 5h de bus, sans toilettes ni arrêt nous arrivons à Cochabamba où nous partons à la recherche d’un hôtel. Nous jetons rapidement notre dévolu sur l’un d’eux, un peu miteux mais relativement propre, et vu notre fatigue (et mon besoin d’aller aux wc !), on ne fait pas la fine bouche.

Sajama est un endroit difficile d’accès en transport en commun, avec une seule liaison par jour, mais nous n’avons pas regretté ce voyage ! Un lieu avec peu de touriste, un village coupé du monde, entourés des plus hautes montagnes du pays et de paysages fabuleux… L’impression d’être encore une fois hors du temps. Ici, pas de connexion internet ni de réseau, on profite du moment présent, de ces paysages uniques. Ces belles images resteront longtemps gravées dans notre esprit !

Infos pratiques – Sajama :

  • Comment se rendre à Sajama depuis La Paz : Prendre un bus depuis le terminal direction Oruro et demander au chauffeur de vous laisser à Patacamaya (impossible de trouver un bus qui s’y rend directement et on a testé plein de compagnies !) : 25 Bs (≃ 3.30 €). Le colectivo qui fait Patacamaya – Sajama part quand il est plein. Difficile d’avoir un horaire du coup, mais il semblerait qu’il parte généralement entre 11h et 13h30 environ.
  • Entrée du parc Sajama : 100 Bs (≃ 13.20 €) par personne.
  • Où dormir à Sajama : Hostal Parinacota (nous n’avions pas réservé à l’avance) 40 Bs (≃ 5.30 €) par personne, salle de bain privée, eau chaude. Les repas sont à 25 Bs (≃ 3.30 €) , le petit dej à 15 Bs (≃ 2 €) . Eau chaude et infusions en libre service (eau non potable autrement, comme dans tout le pays ; prévoir quelques bouteilles d’eau pour la journée).